"Eternal Scrogneugneu Of The Neurotic Mind"

Une fille. Une vie haute en couleurs. L'écriture, comme une drogue. Ainsi naquit Sweet Sunshine!

09 novembre 2009

Coup de coeur journalistique: Flavor Magazine!

Copie_de_25Mes chers enfants,

Je ne sais pas si, incultes que vous êtes, vous avez déjà eu la bonne idée d'aller faire un tour chez la proprio de l'un de mes blogs fétiches parmi les fétiches, celle que je lis même dans les moments de disette où je ne pointe pas le bout de mon nez sur ce blog pendant des semaines (qui a dit "comme maintenant", mauvaises langues???), j'ai nommée Sandie alias Fille Facile.

Fille Facile, c'est un peu mon alter ego dans la folie/pouf attitude/culture musicale et télévisuelle de Woo Girl, alors si ce n'est pas encore fait, faites comme moi, idolâtrez-là (ça rime en plus, I'm sooo Verlaine inside) !

En plus de son blog tip top cool, elle bosse également pour le site Internet de Flavor Magazine, qui est, je cite: "le site Internet des filles pas comme les autres".

Et en effet, on ne nous ment pas sur la marchandise puisque Flavor Magazine version net, ça donne un site qui aborde les questions mode, bons plans, beauté, etc, chères aux fifilles que nous sommes, mais d'une façon fun, décalée, second degré et intelligente qui donne un résultat vraiment rafraîchissant et original. 

Voilà pourquoi j'ai été infiniment flattée et ravie lorsque Sandie m'a proposé d'écrire un article pour Flavor, article que vous pouvez découvrir dès aujourd'hui sur le site, parmi d'autres perles écrites par de vraies filles, certes, mais pas des niaises-à-macarons-Ladurée, et ça fait du bien.

See you there les poulets!

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06 octobre 2009

Marie-France M, cette mère courage.

Coucou mes petits poulets!

Mais oui, c'est bien moi, qui reviens, si sûre de moi, avec ce regard qui s'éteint et des mots stupides et tristes.

(Là, pour le coup, les personnes qui auront reconnu la chanson sont juste folles. Sérieusement.)

BREF.

Je suis une fille gentille, innocente, débonnaire, mais surtout attentionnée.

Subséquemment, le 2 octobre, l'instance maternelle fêtant son anniversaire, j'ai aidé l'instance paternelle à choisir un restaurant sympa pour l'occasion.

En fait, quand je dis "aidé", ça veut dire que j'ai regardé mon père d'un air d'autoroute et que j'ai dit "Bon Papa c'est bon on réserve ici ça a l'air trop sympa tu trouves pas? Non mais si c'est trop sympa viens on réserve. Non mais dis-moi si t'es pas d'accord hein je veux pas imposer un choix, ah bonsoir monsieur, vous avez une table pour 7 pour demain soir? OK allez salut. C'est bon ça te va Papa? Parce que sinon on change? Mais ça a l'air vraiment sympa.".

En plus, y avait des mariachis. Et une boule à facettes en plein milieu du restau.

A ce stade, audience, j'aurais du me douter de quelque chose. Mais non, je me suis éloignée d'un bon pas, avec la sensation du devoir accompli, telle un Quinn Mallory au terme d'une mission rondement menée.

(Là, si vous avez reconnu la référence, vous êtes de sombres geeks.)

(Si vous avez reconnu les deux références, je ne peux plus rien pour vous, et à ce stade je vous conseille la pendaison. Ou le vaccin contre la grippe A, plus trendy et tout aussi efficace.)

Le lendemain soir, 23h, arrivée au Chihuahua après deux heures dans les bouchons. L'ambiance est très conviviale, fun, la nourriture délicieuse, les cocktails excellents, l'endroit est un peu bruyant pour une soirée familiale et les mariachis assez mauvais, mais globalement, j'adhère, les instances familiales aussi, tout va bien.

Et soudain, il est minuit et demie.

Et LA, les mariachis s'évanouissent, les tables disparaissent petit à petit et l'endroit se transforme en discothèque à l'ambiance endiablée.

Vous savez ce qui est pire que de se retrouver dans une boîte (latino, passant donc du reggaeton, de la bachata et de la salsa à gogo) avec vos parents quand vous avez 21 ans et que vous savez que s'ils n'étaient pas là vous seriez déjà sur le podium, un mojito à la main, à chanter "One, two, three, four, uno, dos, tres, quatro, I know you want me, you know I want you!" en dansant comme une pouffiasse?

Se retrouver dans une boîte (latino, passant donc du reggaeton, de la bachata et de la salsa à gogo) avec vos parents quand vous avez 21 ans et que vous savez que s'ils n'étaient pas là vous seriez déjà sur le podium, un mojito à la main, à chanter "One, two, three, four, uno, dos, tres, quatro, I know you want me, you know I want you!" en dansant comme une pouffiasse, ET APPRENDRE QU'IL Y A UN FUTUR MARIE DANS L'ASSISTANCE.

ET REALISER AVEC EFFROI QUE FUTUR MARIE = ENTERREMENT DE VIE DE GARCON.

Et voir débarquer une jeune femme blonde du nom de Betty, vêtue (mais pas pour longtemps) d'une tenue de policewoman des plus distinguées, le tout au son des Pussycat Dolls.

Je peux vous dire que jamais je ne me suis autant concentrée sur une assiette d'enchiladas.

PS: Soyez rassurés, il y a un happy end: ma mère a eu droit à une autre fête le lendemain. Et a prouvé encore une fois qu'elle était la meilleure mère du monde en me consolant sur tout le chemin du retour à la maison pendant que je m'autoflagellais et envisageais de partir vivre dans une hutte de Papouasie-Nouvelle Guinée.

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Mathilde, cette fille indigne.

Listening:

"One foot boy" de Mika 

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12 septembre 2009

Ted M and Marshall E.

On a eu beau essayer les cigarettes au chocolat, pousser des cris hystériques, danser sur "Love is wicked", la nostalgie a fini par nous rattraper.

Après tout, on a beau dire "farewell party" parce qu'on est over-franglophones-et-hype-of-the-lifestyle, ça veut quand même dire que tu t'en vas.

Tu t'en vas, dans cette ville de la perfide Albion où on chantait "Madame rêve" il y a à peine plus d'un an en faisant des photos conceptuelles avec des crayons géants.

Tu t'en vas, et moi je te revois le jour de la rentrée de 6e, et les débiles de notre école qui nous demandaient si on était soeurs parce que quand même deux noires dans une même promotion ça faisait un peu beaucoup quoi. Et tes lettres écrites à l'encre turquoise et tes ronds géants sur les "i". Je repense à tous tes mecs pourris, et à mon innocence de l'époque, parce qu'à ce moment-là c'était moi la sage du duo, quand je ne chantais pas "Singing in the rain" en doudoune argentée sous le préau du collège. Je repense à ton dernier mec pourri, juste avant The One. Je repense à vous deux, il y a cinq ans et demi, à vous deux maintenant, et je souris en me disant que j'ai de la chance de vous avoir sous les yeux et de croire encore en l'amour grâce à vous.

Tu t'en vas, et moi je repense à toi, et à nos debriefs quotidiens d'ados amoureuses débiles découvrant la vie, à toi m'apportant de la glace comme un vrai cliché de meilleure amie de film américain le jour de la première de mes nombreuses ruptures, me traînant hors de Beaubourg, jusqu'au Starbucks le plus proche, me forçant à avaler un Mocha Blanc et un muffin noisette et chocolat et à regarder "How I met your mother" jusqu'à ce que j'arrête de pleurer le jour de la plus douloureuse d'entre elles. A toi, qui as vu arriver, rester plus ou moins longtemps, repartir, parfois revenir, Steeve, Jean-Loup, Lucas, les autres, et même le légendaire Philippe de la soirée d'élection de Miss et Mister Assas, et as été présente à mes côtés à chaque fois, sans jamais me juger.

Tu t'en vas, et moi je repense à nos quatre ans de droit, à nos blagues juridiques, à nos fous rires sur la Constitution, à nos clashs sur les arrêts du GAJA, à nos debriefs post-partiels, à moi regardant les gens d'un air perplexe dans les amphis d'Assas, à mes potes te réclamant dans les amphis de la Sorbonne, à toi et moi tous les dimanches à Beaubourg, à notre capacité d'évaluer le temps d'attente dans la queue en une seconde et demie, à nos sandwiches au saumon ou au poulet, aux gâteaux aux amandes, aux cassos du dimanche et à toi toujours plus sérieuse que moi.

Tu t'en vas, et moi je repense à toi, admirable, tellement admirable, supportant mes névroses, mes crises de larmes, ma folie, mes excès, me pardonnant mon injustice envers toi, ma peur perpétuelle de te perdre.

Tu t'en vas, et moi je repense à toi, à ton intelligence, à ton ambition, à ta force, à ton courage, à ta classe, à ta beauté, à ta générosité, à ta loyauté, et à la chance que j'ai d'avoir quelqu'un comme toi dans ma vie.

Tu t'en vas, et moi je repense à tant de choses que cet article risque fort d'être sans fin.

Tu t'en vas, et moi je repense à nous dans ta voiture cette nuit avec ta soeur et tes cousines, écoutant Kelly Clarkson et "Colorblind" et Soulja Boy.

Tu t'en vas, alors que je ne sais pas encore comment je vais supporter la vie sans toi, ma meilleure amie qui es sans doute la meilleure partie de moi.

Tu t'en vas, et je t'imagine réussissant brillamment ton LLM, je me vois pleurer de joie à ton mariage, être la tata gâteau de Marouane et Lina, je suis heureuse, si heureuse pour toi, et j'espère l'être encore plus dans les années à venir.

Je t'aime, je t'aime, je t'aime.

Mathilde, qui est très fière de son petit cheval sauvage qui court le monde après son destin.

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Listening:

"Sweetest goodbye" de Maroon 5 

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31 août 2009

Conditionnement mon ami.

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I'm a drama queen...

Mais après tout, comme dirait l'autre, c'est pas moi, c'est Shawn.

Et aussi Colbie Caillat. Et Pete Yorn. Et Priscilla Ahn. Raul Midon et James Morrison. Et les comédies musicales. Et la radio pop indé de Deezer qui est juste le MAL. Et Melody Gardot et "Colorblind" des Counting Crows. ET LA RADIO POP INDE DE DEEZER QUI EST JUSTE LE MAL. Et "Runaway" des Corrs.

Et "One Tree Hill" et "Dawson" et "Newport Beach" et Edward Cullen et Zac Efron. "Love actually" et "Coup de foudre à Notting Hill" et "Il était une fois". Et
Ted Mosby et la scène où Chuck Bass dit "I love you" à Blair Waldorf en lui offrant des macarons Pierre Hermé.

Et Paris sous la pluie, et Paris sous le soleil, et Paris le matin, et Paris la nuit. Et la place de la Concorde et les arènes de Jussieu. Et St Germain des Prés et le Trocadéro et le Luxembourg et le pont des Arts. Et San Francisco et Marrakech et la mer à Barcelone.

Au fond, je suis une victime.

Mathilde ou les ravages de 21 ans de lavage de cerveau.

Listening:

"Fallin' for you" de Colbie Caillat 
"Girl like you" de Pete Yorn

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16 août 2009

Génération révolution.

En fait mon gros problème dans la vie c'est la tendance de certains de mes amis à vivre dans un monde post-68 complètement rebelle, sans foi ni loi.

Ils souffrent des stigmates du féminisme et d'autres trucs complètement insensés, genre la révolution sexuelle.

Et je ne sais pas si je peux supporter des discours empreints de tant d'immoralité.

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"Tu sais, je pense que si tu n'as pas de relation stable c'est parce que t'es une fille facile en fait... Parce que le mec qui t'a dans son lit tout de suite n'a plus à s'intéresser à toi par la suite, c'est normal, t'as perdu toute pudeur, toute fraîcheur, tout mystère à ses yeux... Tu comprends, le sexe c'est une fin, c'est un achèvement, c'est un aboutissement, tu apprends à connaître la personne, tu tombes amoureuse, et le sexe est un moyen de célébrer cet amour tu vois."

"Non mais c'est normal qu'elle ait des ambitions professionnelles moins importantes depuis qu'elle est avec lui, elle veut pas que le fossé soit trop grand entre eux... Ben oui je pense que c'est compréhensible de faire des sacrifices pour qu'une relation marche tu vois, moi aussi à sa place je renoncerais à partir un an à l'étranger, et puis elle peut très bien s'en sortir avec des études un peu moins brillantes, ça dépend de ce sur quoi repose ton épanouissement..."

"Je m'inquiète vachement pour lui tu sais, il part à l'étranger deux ans, il va revenir il aura quoi, 27-28 ans, il sera toujours pas marié, mais il réalise pas qu'à ce moment-là les seules filles encore dispo seront les folles qui ont raté leur vie sentimentale, enfin tu vois pas les folles mais celles dont personne n'aura voulu quoi..."

"Ben moi je suis un peu d'accord avec sa théorie, c'est vrai que toi tu tiens à ton indépendance mais tu verras, tu comprendras quand tu seras en couple."

NO FUTURE.

Mathilde, qui se demande où elle était le jour où l'amish lifestyle est redevenu à la mode.

Listening:

"Airport taxi reception" de Sondre Lerche 
"Uprising" 
de Muse

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05 août 2009

De la schizophrénie ordinaire.

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Conversation MSN d'un après-midi d'été...

N dit (parlant de son ex) : Bon là il a l'air d'avoir juste 15 ans, il a changé depuis!
Mathilde dit : Ca ne me choque pas, tu parles à quelqu'un qui dort avec une parure de draps roses Schtroumpfette qu'elle a depuis ses six ans et un coussin High School Musical...
N dit : Non mais lui aussi a un mec, pffffff et re-pffff... Oh m'en fous je le baiserai quand même... Désolé je suis super vulgaire ces temps-ci.
Mathilde dit : Encore une fois ça ne me choque pas, tu parles à quelqu'un qui est accro aux mecs à partir du moment où ils lui disent des trucs crus pendant l'amour...
Mathilde dit : Heu...
Mathilde dit : Compatibilité de ma dernière phrase avec les draps Schtroumpfette...?

Hum. Certes.

Mathilde Jekyll et Mathilde Hyde.

Listening:

"Work" de Ciara et Missy Eliott
"Heavy cross" 
de Gossip

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27 juin 2009

Ces moments de grâce, part I.

Vendredi soir, 20h. Un soir d'été à Paris. Rien d'anormal.

Je sors du cabinet où je fais mon stage, crevée mais de plutôt bonne humeur. Rien d'anormal.

J'ai des dossiers de M2 à envoyer, et comme d'hab je m'y suis prise au dernier moment. Direction la poste du Louvre avant de rentrer chez moi. Rien d'anormal non plus.

Sauf.

Que par un concours de circonstances particulièrement sadique, je suis:

a) affublée d'un énorme orgelet sous l'oeil gauche qui me donne l'air d'un Quasimodo wannabe. Ces derniers jours, je l'ai caché en portant mes Wayfarer du ghetto achetées 6 euros chez un chinois de Châtelet, le comble du mauvais goût, donc. Mais j'en ai eu marre d'avoir une dégaine de femme battue avec mes lunettes de soleil dans le métro, et il faut avouer que le fait de ne pas voir à deux mètres devant moi - ce qui peut arriver quand vous portez des lunettes sous la pluie - a également joué dans cette épineuse décision. Bref, j'ai décidé d'assumer et de promener ma tête de Double Face dans les rues de Paris.

b) confrontée à l'impossibilité de me maquiller du fait de l'oeil de Quasimodo del Paris susmentionné.

c) en sueur, car j'ai décidé de m'habiller tout en noir, de mettre un trench bien épais et de courir dans tout Paris. Le tout sous 27°.

d) mal sapée, car les fringues noires en question sont moches et trahissent la fille qui s'est levée en retard et a pris les premières fringues compatibles avec une activité sérieuse dans son armoire.

e) totalement désolidarisée des choses douées de vie qui me servent de cheveux. Qui, après avoir connu des mois de magnificence et de "pub pour Schwarzkopf" attitude, ne ressemblent à rien, sont décoiffés, gras et dansent la cucaracha sur ma tête.

e) chargée comme un baudet. Un sac à main de pouffiasse en simili-croco noir qui aurait peut-être suffi à contenir ma panoplie pochettes/portable/I-Pod/bouquins/magazines/trucs inutiles mais absolument nécessaires à mon équilibre mental, si je n'y avais pas ajouté mes dossiers de M2 en souffrance, un livre de droit du travail géant que je ramène chaque jour au cabinet alors qu'ils l'ont déjà, dix balles et un Mars. Et EN PLUS DE CA, un sac plus gros que moi rempli du résultat de ma razzia du jour chez la City et Zara.

e) sur le point d'aller acheter des pâtes chez Mezzo di Pasta, des pâtes carbo pleines de sauce et autres charmants lardons et emmental qui interdisent à toute fille soucieuse de préserver les apparences - et de faire croire au monde qu'elle est toujours belle, soignée et qu'elle sent toujours Alien de Mugler - des choses aussi triviales que parler trop près de quelqu'un d'autre. D'ailleurs, dans ces moments-là, je choisis très soigneusement les personnes présentes à mes côtés, et il est rare que l'un de ces chanceux soit affublé d'un chromosome Y.

Vous l'avez compris, je n'étais pas à mon avantage. J'étais même plutôt dégueu. Même très très dégueu. Dans un moment où normalement, on ne devrait pas sortir de chez soi mais plutôt se terrer dans une grotte telle le Gollum qu'on est.

Mais je sifflotais gaiement dans les couloirs du métro, I-Pod dans les oreilles.

Et là, texto de L.

Mon pote avec qui je refais le monde sur le Champ de Mars, mais aussi - et c'est ça la partie drôle - mon ex.

Le même L que celui avec lequel, trois jours plus tôt, j'ai passé une soirée à arpenter le 7e arrondissement d'un air faussement naturel, genre "Non, je n'ai pas conscience de ma dégaine de Sorbonnarde qui se prend pour Carrie Bradshaw, la la la!". Avec mon béret de parisienne typique savamment penché pour mettre en valeur mes cheveux et mes boucles d'oreilles Swarovski. Mon Darel rose. Ma robe noire Friday's Project achetée à Barcelone, vous savez, celle qui a de charmants petits boutons sur le devant, des manches ballon et un col rond. (Non, vous n'êtes pas sur le blog de la Princesse la plus hype de la blogosphère, mais pour les déçus, je peux éventuellement appeler la police pour leur faire part de mes mésaventures avec le vendeur TROP MECHANT du Tati Barbès du boulevard Rochechouart.)

Le même L, donc, que celui qui m'a trouvée jolie à une époque, m'a embrassée, m'a vue toute nue. A long time ago, certes, mais quand même.

"Dis, c'est pas toi que je viens de voir descendre du métro là?"

Je ne sais pas encore comment réagir face à cette honte incommensurable. Pour l'heure, j'hésite à le tuer pour qu'il ne divulgue jamais le secret de ce triste jour.

La seule chose que je sais en tout cas, c'est que parfois, ma vie est un tel cliché que je me dépasse moi-même.

Mathilde, la fille qui n'avait plus aucune classe ni aucune crédibilité stylistique.

bj_bunny

Listening:

"When love takes over" de David Guetta et Kelly Rowland
"Everyday"
 
de Vetiver
"Daniel" de Bat For Lashes

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13 juin 2009

"My mind's made up, I'm cool without you..."

Mes enfants,

Saviez-vous que dans la vie de tout cliché vivant qui se demande chaque jour comment elle fait pour être aussi névrosée de toute fille, il est fréquent de passer par des phases "TROP VNR"?

Une Mathilde en phase "TROP VNR" est, dans un premier temps, encore plus lunatique qu'à l'accoutumée. C'est-à-dire qu'elle va se mettre à pleurer à chaudes larmes, va avoir envie de se terrer dans un trou de souris et de s'y rouler en boule, et puis, cinq minutes après, partir d'un grand fou rire en disant des méchancetés et en sautillant dans la rue.

Une Mathilde en phase "TROP VNR" écoute beaucoup, beaucoup de musique, car la musique l'aide et l'apaise. Seulement, elle a un petit problème dû à une légère tendance à interpréter les paroles de chaque chanson comme un message censé l'aider à relever la tête, à avancer, à être TROP VNR et solide comme un wok. Et elle ne choisit que des chansons d'un goût exquis. Par exemple, tout à l'heure, je devisais gaiement avec mes copines C et N sur Facebook en écoutant du Britney Spears, quand soudain, j'ai repensé à la chanson "Lonely". Et soudain, je me suis sentie TROP VNR. Du coup, j'ai copié les paroles à mes copines, TROP VNR. Lesquelles se sont aussitôt empressées de contre-attaquer par des citations des Spice Girls, à base de "Who do you think you are?" et de "If you wanna get with me, better make it fast, now don't go wasting my precious time.". Et le pire, c'est qu'on avait vraiment l'impression d'user d'arguments d'autorité étayant notre VNR attitude.

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Avant, les brainstormings existentiels se faisaient à l'aide de citations de Socrate, maintenant, Ginger Spice est un gourou.

La vie est bien triste.

Mathilde, la fille qui justifiait à elle seule l'existence de la pop de pouf.

Listening:

"Better after all" de Jonatha Brooke

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23 mai 2009

Le cas du mec surfait.

Exemple typique (oui, aujourd'hui j'attaque directement, sans préavis ni vaseline, et en plus je suis vulgaire) : vous entendez une chanson. Vous savez que c'est de la merde, que ça va marcher parce que c'est de la merde, et vous n'en pouvez déjà plus.

Deux mois plus tard, battage médiatique oblige, au moindre "Watch me crank that Soulja Boy den Superman dat hooo", vous rétorquez gaiement "Now watch me yoooooooou!", choré incluse, et ce où que vous soyez. Et vous savez que, jusqu'à la fin de votre vie, vous sourirez en vous remémorant les innombrables soirées où vous avez beuglé "C'est pour la petite bourgeoisiiiiiiiie qui boiiiiiit du champaaaaaaagne" dans des circonstances plus ou moins dignes.

Exemple n°2: lors d'une soirée Nouvelle Star avec vos copines, vous entendez un son discordant qui vous torture les oreilles trois looongues minutes durant. Vous vous crispez, vous avez honte pour l'émetteur du son en question, vous voudriez juste qu'il se taise.

Sauf que l'émetteur du son en question est un grand blondinet aux yeux bleus au sourire Colgate et à l'air niais. Donc, vous faites "HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII YOAAAAAAAAAAANN HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII HIIIIIIIIIIIIIIIII HIIIIIIIIIIIIIIIII.", et vous vous révoltez avec toute la mauvaise foi du monde lorsque le Yoann en question récolte quatre rouges d'un jury outré.

Vous situez?

Bon.

- Bonjour, je m'appelle Mathilde.
- Bonjour Mathilde.
- J'ai un problème de non-constructivité radicale, que j'ai érigée en mode de vie.

Parmi les nombreuses manifestations de ma non-constructivité, mon amour pour le mec surfait se détache très nettement. Après la Vitaa et la femme Barbara Gould, le surfait mérite bien d'être la star de ce nouvel opus de "Place des Clichés".

Le look du mec surfait

Le mec surfait est, comme son nom l'indique, complètement surfait. C'est-à-dire qu'au-delà de son look, tout son être respire cet état de fait. Le mec surfait est donc parfaitement conforme au cliché du grand brun ténébreux, du minet blond, etc, selon vos préférences. Il a le cheveu savamment pseudo-décoiffé, la dent blanche et brillante (une petite étoile apparaît d'ailleurs à côté de sa bouche à chaque fois qu'il sourit), les traits réguliers et sans défaut.

Le problème du mec surfait, c'est que tout lui va. S'il est habillé de façon soignée et élégante, vous vous liquéfiez en le regardant et vous n'avez qu'une envie, le déshabiller contre un mur. S'il porte de vieilles fringues pourries, vous le trouvez attendrissant, attachant, vous le trouveriez même un peu moins surfait grâce à tout ce naturel, et vous n'avez qu'une envie, le déshabiller contre un mur.

Le mec surfait est donc, par essence, un mec dangereux pour vos hormones, d'autant plus que vous êtes consciente de sa surfaititude et que vous craquez quand même.

L'attitude du mec surfait

La surfaititude, c'est tout un art. Un art dont le mec surfait maîtrise toutes les nuances, toutes les circonvolutions et tous les détours. Raisonnons par le biais d'exemples concrets.

Le mec surfait, c'est ce mec que vous voyez tous les jours à la bibliothèque et qui a un faux air d'Edward Cullen. Tel un Chuck Bass, il a les yeux plissés en permanence, est toujours seul, et a l'air perdu et classe même quand il mange un immonde sandwich de chez Subway devant le Panthéon. Après son repas, il fait une petite pause avant de retourner bosser, et s'adosse donc contre un mur, une jambe repliée contre le mur susmentionné, avec son I-Pod dans les oreilles et les mains dans les poches. Vous SAVEZ qu'il est ridicule. Et pourtant, c'est plus fort que vous, vous fondez, et l'hystérie s'empare de vous: "Oh regarde, Edward Cullen écoute son I-Pod, DINGUE!".

Le mec surfait, c'est ce serveur que vous rencontrez en allant réserver un bar pour le bal de promo que vous organisez pour les gens de votre master (OUI, je l'ai fait, OUI, et ça promet d'être grand, vous raconterai). Il a les cheveux longs, un T-shirt moulant de 2 Be 3, parle à voix basse et, lorsque vous lui posez une question, vous répond "Attends, je finis de servir ce verre de vin rosé!" en secouant lascivement ses cheveux. Même sa façon de tourner les pages de son agenda est une invitation à la débauche. Au lieu de vous foutre de lui, vous bafouillez, minaudez, et la surfaititude a accompli son oeuvre de destruction.

La vie amoureuse du mec surfait

Ne cherchez pas, vous ne l'aurez jamais. L'inaccessibilité fait partie du personnage.

Le mec surfait aime

Des trucs de mec surfait, genre fumer d'un air mélancolique à la terrasse d'un café, jouer de la guitare, cultiver son éternelle barbe de trois jours, assortir son pull bleu à ses yeux bleus ou son pull rouge à sa peau mate et faire comme s'il ne s'apercevait pas de l'effet qu'il fait, INCARNER LE MAL ET LA TENTATION.

Les citations du mec surfait

N'importe quelle phrase commençant par "Ouaiiiiiiiis tu voiiiiiiiiis...", prononcée d'un air langoureux et torturé en se passant une main dans les cheveux. N'importe quelle phrase rendant nécessaire l'utilisation d'une bassine.

En résumé, le mec surfait, c'est ce mec qu'on adore détester et dénigrer en disant qu'il n'a aucun charme, que c'est tellement facile, et qu'on préfère un mec un peu moins "tout ce que la fille lambda aime". C'est ce mec qu'on est fière de snober, ou mieux, d'avoir comme ami, parce qu'il nous donne l'impression d'être trop fortes, trop rebelles de la vie et trop au-dessus de ces basses considérations.

Jusqu'au soir où, au détour d'une soirée sur les quais de Seine, vous expérimentez la communion avec une bande de jeunes artistes aux cheveux longs autour d'un pique-nique improvisé, en vous disant que ces mecs sont somme toute charmants. En vous disant qu'il pourrait être bien de vous ouvrir à autre chose.

Avant de croiser un blond à Ray-Ban faussement décoiffé qui boit négligemment un verre de vin en observant le soleil se coucher.

A ce moment-là, vous réalisez que vous êtes irrécupérable et que vous feriez mieux de vivre dans un teen movie.

Mathilde, la quasi-irréductible.

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Kellan Lutz, alias Emmett Cullen dans "Twilight". Je suis si faible.

Listening:

"Love story" de Taylor Swift (une chanson digne d'une vraie addict à la surfaititude!)

Posté par Mathilde M à 16:30 - Place des clichés - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2009

"Over dreams, I have picked out a perfect come true..."

Entendu lors d'un dîner avec L, mon - nouvellement - ami et plus ou moins ex,

- qui est grand, beau, avec des yeux d'une couleur inconnue au bataillon devant lesquels j'ai eu beaucoup de mal à cesser de me liquéfier
- qui est intelligent, cultivé, ambitieux, drôle et gentil (pour peu qu'on ne tente pas d'envahir son espace vital en ayant l'outrecuidance de faire des trucs comme lui dire au bout d'un mois qu'on est contente de le connaître, faut quand même pas déconner)
-qui est à ce jour l'homme que j'ai le plus aimé et le seul dont je me sois dit en le pensant réellement que je l'aimerais toute ma vie
- qui a le don de m'énerver et ne rentre absolument pas dans mon jeu de névrosée ("Ah ben OK, tu penses que notre relation vaut pas la peine que je me prenne la tête? Ben on arrête alors!", "Si tu veux.", "Non ben en fait non.")
- qui traîne un lourd passé d'handicapé émotionnel sévère, d'ailleurs à ce stade on parlerait plus de paraplégie émotionnelle en fait:

"C'est cool, ma copine commence à bosser à temps plein l'an prochain, ça va nous permettre d'épargner.".

Le tout en passant sur ce charmant pont St Michel illuminé par le soleil couchant, pont dont j'ai bien failli me jeter en entendant ça dans la bouche d'un mec autrefois surnommé Valmont par ses potes.

Comme quoi, y a jamais de vrais connards, juste des filles qui sont capables de les changer en devenant The One. Ou pas.

VDM.

Mathilde, qui n'est pas l'exception mais la règle.

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Listening :

"A song for you" de Donny Hathaway (impossible de trouver la version originale sur YouTube, alors tant qu'à faire je vous remets la magnifique reprise de Lary, mon chouchou de la Nouvelle Star saison 7)
"15 step" de Radiohead

Posté par Mathilde M à 00:00 - DJ play a love song - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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