"Eternal Scrogneugneu Of The Neurotic Mind"

10 novembre 2010

Slam de la nostalgie t'as vu.

Les enfants, je ne suis pas TRES TRES contente. Mais je suis une warrior-survivor des plus redoutables et je me suis donc remise des 19583759 ruptures d'anévrisme/infarctus/crises de spasmophilie-épilepsie du jour.

Pourquoi ne suis-je pas très très contente?

Ah mes petits poulets, votre candeur me désarme.


Copie_de_Dawson

Je ne suis pas TRES TRES contente parce que j'ai appris que pendant que je pleurais sur mon mémoire en m'enfonçant des chandeliers dans la gorge pour mettre fin à mes jours, S, the One and Only, mon ex-Chéri, celui pour lequel j'ai réalisé des montages à vous décoller la rétine sur mon Skyblog , celui dont j'ai écrit le prénom sur l'intégralité des tables du lycée (un jour j'ai trouvé un "Meuf je sais pas qui est ce S mais ou c'est ton premier mec ou t'es juste folle" anonyme dans ma salle de littérature, true story), celui dont j'ai posé la photo sur ma table pendant les cours tout en inscrivant dans mon agenda des dates aussi importantes que notre premier baiser, notre première fois et globalement chaque jour où je le voyais, ce fameux S donc, était devenu PAPA.

Toutefois, telle une Lorie qui pose nue dans les bois avec une coupe de cheveux de balai-brosse, j'ai appris à apprécier la mousse dans le fondement j'ai gagné en maturité. J'ai donc décidé qu'au lieu de rédiger un énième article de psychotique plein de théories fumeuses et d'envolées rageuses, j'allais utiliser mon talent inné pour la poésie et m'exprimer par le biais des vers, comme à l'époque où je lui écrivais des poèmes à base "Je t'offrirais mon âme, ma vie, toutes mes larmes, car devant toi je crois bien que je suis sans armes". (True story.)

Voici donc, en totale exclu, le "Slam de la nostalgie t'as vu".

S, je t'ai donné ma virginitey la veille de mon bac de philo,
Telle Lola à son Pedro, telle Buffy à son Angel,
Pour toi je mettais des hauts à paillettes et me faisais virer du lycée par le dirlo
Tu me rendais niaise et insupportable, mais la vie était belle.

S, quand nous nous sommes séparés tu as mis des années à m'oublier,
Encore heureux ai-je envie de te dire, t'étais mon premier love comme dirait Tony.
Je pensais que je te manquerais toute ta vie, que tu finirais aigri et désespéré
Tandis que je me marierais avec Yoann Gourcuff sur une plage de Tahiti.

S, ô rage, ô désespoir, ô Fatou Flinguée ennemie,
Malgré nos beaux souvenirs, nos roulages de pelles dans ta Clio,
Tu as eu l'outrecuidance de refaire ta vie,
Ton Newsfeed me narguant avec indécence et piétinant mon ego.

S, S chéri, toi qui m'as fait découvrir le vertige de la passion,
T'as cru que c'était la fête de l'accident de capote?
S, S chéri, si tu avais été un ex digne de ce nom
Tu serais à présent en train de te laisser mourir au fin fond d'une grotte.

Bien que ce slam ait été composé en mangeant un énième yaourt dégueulasse à 0%, je porte mon béret bleu électrique par dessus mon pyjama et ma crédibilité artistique reste donc aussi intacte que cette fille qui, il y a maintenant six ans, embrassait S pour la première fois dans le parc derrière le lycée.

Le pouvoir de l'art mes amis, LE POUVOIR DE L'ART.

Là normalement, c'est le moment où j'arrête de faire ma tepu et où je vous avoue qu'en réalité, malgré la bizarrerie de la nouvelle et l'inévitable nostalgie qui s'ensuit, je l'ai trop aimé pour lui souhaiter autre chose que d'être heureux. Que je suis sûre que le grumeau est un chef d'oeuvre de choupitude et que si je le voyais j'aurais envie de le kidnapper dans la minute pour ma future pouponnière dysfonctionnelle avec Meriem.

Mais le pouvoir de l'art m'impose une déconstruction radicale du concept de conclusion d'article, et donc je ne conclus PAS, et je m'en vais comme une princesse à l'autre bout de ma chambre pour marquer le coup.

Adieu.

Mathilde, récemment larguée par le biais d'un "C'est pas toi c'est moi" d'une violence inégalée et qui aimerait bien que ses ex aient une vie sentimentale aussi chaotique que la sienne.

Listening:

"Gives you hell" d'All American Rejects, ici interprétée par Rachel de "Glee", PARCE QUE SI LA VIE ETAIT DROLE JE POURRAIS CHANTER DES TRUCS HAINEUX A DES QUARTERBACKS HANDICAPES EMOTIONNELS.

Posté par Mathilde M à 00:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]


08 novembre 2010

Nothing but a heartache.

Mes chers enfants (oui ben CA VA Senna, j’essaie d’instaurer une certaine connivence entre nous, encouragez-moi un peu),

Dans le but de m’adapter à la déprime hivernale qui vous gagne petit à petit, aussi fourbe qu’un prime-time des Simpson un soir où vous avez un mémoire à finir, j’ai décidé d’aborder aujourd’hui le douloureux sujet de la rupture 2.0. Tout est très bien pensé : grâce à cette connivence habilement créée entre nous il y a cinq lignes, vous me pardonnerez de vous déprimer encore plus.

(« Elle est mauvaise ! Elle est insidieuse ! Elle est Cortex, cette petite souris cobaye, baye, baye , baye !», vous exclamez-vous d’un air révolté mais néanmoins admiratif.)

En des temps désormais révolus, votre mec vous plaquait en vous envoyant une lettre parfumée pleine de justifications. Ou il vous disait qu’il avait Guerre de Sécession et que du coup votre relationship était quelque peu compromise. Vous n’étiez pas très contente, vous pleuriez dans votre crinoline et vous conserviez une mèche de ses cheveux pendant 7 ans, mais au moins votre Valmont ne revenait jamais vous hanter. (L’anachronisme est une notion vachement surfaite, vous trouvez pas ?)

Flash forward to notre époque de destruction. Vous rencontrez un garçon charmant. Vous n’êtes que paillettes, libellules et cascades enchantées. Oui oui oui, vous faites la maline mais vous avez déjà choisi « votre » chanson, parce qu’un jour vous mangiez des pâtes et que la chanson en question passait à la radio, c’est trop un SIGNE t’as vu ? Et juste au moment où vous commencez à prendre un petit air satisfait de nana maquée, BIM, Jean-Robert vous largue dans la violence la plus incommensurable (musique dramatique).

L’histoire devrait s’achever là. Sauf que non. On ne te remercie pas, époque de destruction, ON NE TE REMERCIE PAS.

On ne me remercie pas non plus d'agir comme un Jean-Robert en vous coupant dans votre élan de lecture effrénée, élan rendu quasi-incontrôlable par la longueur de la séparation que je vous ai infligée.

Comme je suis consciente que c'est grâce à moi que votre vie reprend un sens ce matin, on se retrouve tout de suite dans Flavor Magazine, c'est par ici les jeunes!

Previously on "Sweet Sunshine envahit Flavor Magazine":

 "Bad girl gone good"
"Let it snow, let it snow, let it snow"
"Mortelle St Valentin"

Et si vous souffrez de masochisme aggravé, je suis toujours sur Twitter : @_MathildeM_. 

Posté par Mathilde M à 09:20 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

15 août 2010

"She's just a Cosmo girl..."

Je sais, les poulets, je sais, vous aussi vous me manquez.

Mais arrêtez un peu d'être égoïstes, je vous signale que je suis hyper occupée à:

a) préparer le concours du barreau. Et là, j'ai envie de crier au scandale, au mensonge, à la spoliation, travailleurs travailleuses. Quand j'étais petite je voulais devenir avocate pour faire comme Perry Mason et crier "OBJECTION!" dans les prétoires californiens. Et puis ensuite je voulais être Ally McBeal, faire des chorés aux toilettes avec mes collègues, shooter dans des bébés imaginaires et avoir un grand amour tragique avec l'un des collèges susmentionnés.

ON M'A MENTI.

En vrai, préparer le barreau c'est refaire du foutu droit des obligations qui me faisait déjà chier il y a trois ans quand j'étais une jeune et débonnaire étudiante de deuxième année. C'est devenir folle, me réveiller toutes les demi-heures au cas où je serais en retard pour passer l'exam blanc n°91452556, me rendormir dans la culpabilité la plus totale, croiser des futures avocates plus belles et mieux habillées que moi, des mecs magnifiques qui s'en foutent de ma vie parce que je suis moche et obèse et que de toute façon ils travaillent, c'est rêver de procédure pénale, c'est pleurer quand je me tape un 9 en droit du travail alors que c'est censé être ma spécialité, c'est ne plus avoir de vie sociale, IT'S A TRAP.

b) écrire mon mémoire. J'ai omis de vous signaler que cette année j'avais quitté la Sorbonne pour faire mon M2 à Nanterre, et que j'y ai passé la meilleure année d'exactions et de dépendance émotionnelle avec mes camarades qui soit. Vous raconterai. Sauf que maintenant ben faut travailler. Et écrire mon mémoire, donc. DECES.

c) Bigiser à des degrés divers (je chouine, on est pseudo-friends, oui mais non, non mais si, on s'engueule, je chouine, ça s'arrange, lalilaloum), again and again. (Ne me regardez pas comme ça, je n'ai aucune parole mais je vous aime quand même. Vous expliquerai ça someday, quand je comprendrai ce qui se passe.)

Bref, les poulets. On digresse, on digresse, mais j'avais un concept à vous exposer.

La disponibilité.

Copie_de_1

Hier, j'ai acheté Cosmo. Et Cosmo m'a gentiment appris que, si vous souhaitiez trouver l'amour (je parle pour vous, pas pour moi, moi je suis trop en mode "destruction-adieu-m'en-fous-tomberai-plus-jamais-amoureuse-je-suis-Samantha-Jones-et-je-le-vis-bien"), il vous fallait MONTRER VOTRE DISPONIBILITE.

Ou la réponse à l'épineuse question: "Quels signaux envoyer à la gent masculine pour que la gent en question comprenne que vous êtes seule et désespérée et ait envie de venir vous proposer sa semence d'enchaîner sa destinée à la vôtre sur un lit de pétales de roses?".

La fille Cosmo est dispo partout.

En terrasse, pour commencer. Elle s'assied gaiement, "la mine réjouie", "le port de tête gracieux", et sourit rêveusement à l'assistance. Transposons: je suis une fille Cosmo. J'ai envie d'un verre ou d'un café en terrasse. C'est certes d'une banalité affligeante, mais j'ai des amis, et il se peut que ces boulets aient éventuellement envie de m'accompagner sur cette terrasse de la disponibilité. Pour les besoins de ma vie sentimentale, il me faudra donc les jeter sous le bus le plus proche. Il faut ce qu'il faut.
Si d'aventure j'ai des amis non physiquement présents, je ne les appelle pas. NON NON NON. Je ne twitte/Facebooke pas de mon Blackberry. Je n'ai pas de bouquin, pas de boulot à rendre, rien à réviser, et si je fume, je garde ma cigarette pour les moments de non-disponibilité. Je suis une petite fleur qui sourit à la vie, je suis Grace Kelly, je suis disponible.

La fille Cosmo est tout aussi dispo en boîte de nuit. Très bien, allons guincher, Cosmo Girls. Déhanchons-nous, les yeux mi-clos (c'est important). Encore une fois, Cosmo Girls, nous n'avons pas d'amis, donc nous évitons soigneusement les groupes de gens de mauvaise vie qui feel like P. Diddy et qui dansent sur les tables à base de "Aaaah, c'est trop notre chanson!". Nous sommes sensuelles, nous sommes Christina Cordula, nous sommes le rythme, mais pas trop pour ne pas avoir l'air d'une gourgandine. Nous sommes disponibles. Mais attention, aspirantes à l'amour, si nous finissons par harponner du mâle, nous ne lui donnons pas notre 06 comme une tepu de bas étage, nooon. La rencontre de boîte de nuit se doit de rester chaste.

Petite fleur un jour, petite fleur toujours.

Avec ces fructueux conseils, Cosmo Girl, vous avez trouvé l'amour. Oui, votre air con sur la terrasse, votre numéro de danse en solo en boîte ont fonctionné et vous recevez enfin la semence l'affection qui vous manquait tant.

Cosmo continue de penser à vous, bienheureuses que vous êtes, et ce par le biais de leur cahier de communication sexuelle, cahier qui vous permet de remplir de petites croix en fonction de vos désirs et préférences et ainsi d'expliquer à votre moitié ce que vous aimez/aimeriez.

Parce que vous êtes une petite oie blanche incapable de dire à votre partenaire que vous préférez telle ou telle position, telle ou telle caresse, que vous avez envie qu'il vous prenne sauvagement contre un mur ou qu'il la joue mimichou.

Heureusement il y a Cosmo. Cosmo!

(Je retourne lire mes fascicules de procédure pénale. Adieu.)

Mathilde, qui va travailler son port de tête. De la grâce, que diable, de la disponibilité.

PS: Pour ceux qui ne le savent pas encore/ne me suivent pas encore (bande de bâtards), I'm back on Twitter! See you there, c'est par ici les enfants!

Listening:

"Romeo and Juliet" de Dire Straits

Posté par Mathilde M à 18:42 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

11 juin 2010

De l'électrochoc salutaire.

Les gros, j'ai comme une envie de vous checker, comme on fait dans le ter ter, et de vous emmener guincher sur le parvis des Halles. Parce qu'une nouvelle comme ça, ça se fête autour d'un bucket, avec Sexion d'Assaut en fond sonore t'as vu. Siiiiiii si.

(Non je rigole.)

Question à un million d'euros: vous savez quel est le meilleur moment dans la vie d'une drama queen en rehab d'un heartbreaker quelconque?

(Quand elle arrête de parler franglais telle une Mia Frye du pauvre? Non. Mais bien tenté.)

C'est le moment où on ouvre les yeux et où l'on se rend compte qu'on a juste gâché deux ans de sa vie à se ruiner la santé/le coeur/le mascara pour quelqu'un qui ne mérite pas tant d'amour. Et qu'on se dit "Next, next, next.".

next

 

A la suite de cette annonce fulgurante, je conçois parfaitement que vous dubitatiez quelque peu (du verbe "dubitater", premier groupe, c'est pas ma faute si vous connaissez rien OK?).

Mon frère, ce petit incroyant, dubitate, à tel point qu'on a parié de l'argent sur le retour prochain de ma Vitaa interne.Mes amis, ces petits incroyants, dubitatent. Le monde dubitate. (Le monde est incroyant.) Et je sens que vous-mêmes, OUI, vous qui me regardez d'un air d'autoroute en haussant les sourcils, vous dubitatez. (Vous êtes incroyants, tout pareil.)

Mais je vous le dis: ô joie, Celui-dont-on-ne-doit-plus-prononcer-le-nom a ENFIN réussi à me dégoûter de lui de façon irrémédiable, et c'est fini cette époque. FINI.

Finies les larmes. Finies les crises de nerfs. Finies les interprétations sans fin de textos à la con. Fini le suspens sentimental et les "Oui mais en fait là tu vois je sais pas trop trop ce que je ressens pour toi, on en reparle après mon cours de sculpture médiévale?". Finies les actualisations frénétiques de profil FB. Finis les "J'en peux plus c'est trop dur je veux juste me trancher la jugulaire avec un sécateur rouillé et me laisser mourir au fin fond d'un bidonville OK?" balancés avec moult chouineries au moindre ajout suspect de Fatou fâchée avec le bon goût/la langue française/les deux à la fois.

(Il convient à ce stade de se fendre d'une légère digression et de statuer DEFINITIVEMENT sur le fait qu'il n'existe aucune planète sur laquelle on peut porter une marinière + une écharpe léopard + des extensions crades à la Rihanna Traoré + du gloss à 1 euro 50 from Clignancourt ET mériter de vivre.)

J'écoute "The Boss" de Diana Ross & The Supremes en boucle, en mettant à contribution ma voix de crécelle et mon booty shake bien connus des aficionados du Macumba Club de Montceau-les-Mines, réalisant par la même des interprétations d'une qualité scénique incontestable, en vivant la chanson à fond, comme un hymne à la gloire de la femme de demain que je suis à présent.

Le truc bien c'est que les paroles n'ont juste rien à voir avec mon état mental: my homegirl Diana parle d'une histoire qui lui fait comprendre que malgré tous ses plans bien définis, l'amour l'a terrassée, bla bla bla, mais c'est pas grave,  on n'est pas binaires, on bootyshake, je suis maîtresse de ma destinée, je suis Barbara Gould, je mange des CBO et un jour je serai plus grosse que les sourcils de Raymond Domenech et je m'en fous je m'en fous je m'en fous de Big.

Ca me donne envie de prendre plein de bonnes résolutions, d'arrêter le Nutella en intraveineuse, de finir mes 150 pages de mémoire avant demain, de réviser pour le concours du barreau 14h par jour, de partir faire un trek en Amérique du Sud pour découvrir la vie trépidante des tortues naines de Patagonie, d'arrêter d'acheter des fringues de slut et de m'exclamer "Truc de ouf j'ai l'air d'une slut!", de continuer d'acheter des fringues de slut parce qu'après tout c'est ça qui est bon, de me mettre à la couture, à l'ésotérisme, à la méditation transcendantale, de dormir à 21h. Ca m'aiderait presque à me remettre du tragique départ de Ramon de la Nouvelle Star. (Presque, hein.)

C'est beau, quoi.

Pourvu que ça dure, mais pour une fois j'y crois, et ça fait un bien, saperlotte!

Mathilde, free like the river.

Listening:

"The boss" de Diana Ross & The Supremes (I WAAAS SOOO RIGHT!)

Posté par Mathilde M à 21:59 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

29 mai 2010

Rage against the machine.

Hééééééééééééééééééé!

(Oui, aujourd'hui je tente l'apostrophe courte et dynamique.)

Si vous le voulez bien, nous reviendrons l'air de rien, en sifflotant avec décontraction, comme si ça ne faisait pas plus d'un mois que l'on n'avait rien posté sur ce blog. Ca va les poulets? Imhotep? La famille? La santé? Tout ça? OK cool, laissez-moi tranquille maintenant.

3882283380_932bc82097

Je prépare ma valise pour aller m'installer dans la campagne irlandaise et traîner dans des pubs comme une jeune qui aime la vie en attendant que Gerard Butler vienne me rouler des pelles en jouant de la guitare (oui, en même temps).

Je fuis, oui je fuis ce triste monde et sa dévastatrice technologie, qui ont visiblement décidé de me rendre folle.

Mais re-situons le contexte du complot.

One month ago, je fais la connaissance d'un être de lumière aux yeux verts, au sourire angélique et à l'humour ravageur. Je ne suis qu'amour, je ne suis que suicide, comme d'hab quoi (vous commencez à me connaître), quand j'apprends (heureusement, bien avant d'avoir eu le temps de faire part à l'être en question de ma volonté d'unir nos destins jusqu'à ce que la mort nous sépare) l'obédience homosexuelle du charmant garçon.

A ce moment précis, j'ai envie de dire LOL, mais les faux potes qui m'entourent s'en chargent pour moi, les bâtards ah bon, tu ne le savais pas, tes potes ne se gênent pas pour me narrer tes exploits. Et moi j'ai envie de décéder devant cet énième obstacle, d'autant plus rageant qu'il est immuable.

Parce que si je peux faire ma fille qui ne mange que de la salade ou prétendre que je ne m'attache pas pour ne pas faire fuir ma target, les plans diaboliques ont leurs limites et je peux difficilement compenser mon manque criant de chromosome Y.

Le lendemain, premier jour de liberté post-partiels, il est 16h du mat et je suis  - comme il se doit  - affalée dans mon canap avec un legging tâché de sauce soja, un débardeur vestige de mon époque "fashionista du 9-5" (un truc distingué, à message profond et revendicatif genre "It's so hard being so beautiful" ou plus simplement "Wesh wesh") et je suis - comme il se doit - scotchée devant W9 en me disant que la vie c'est cro cro nul parfois.

Et c'est à ce moment-là que la télévision, cet objet du démon, se rend coupable d'un crime de "na na nère" absolument insupportable. Karine Ferri, cette inutile, annonce joyeusement le sujet du premier reportage de "Fan de Stars": "Ces chanteurs à midinettes qui font leur coming out".

Non mais WTF, W9? Pourquoi CE reportage précisément CE jour-là? C'est quoi cette conspiration? Pourquoi tant de haine? Pourquoi ces phrases-choc type  "le coming out de ces chanteurs est souvent considéré comme une véritable claque pour ces filles dont ils portent les espoirs les plus profonds"? Pourquoi tant de "Bien souvent, ils incarnent pour elles un idéal masculin"? Tu te fous de ma gueule, W9? Tu sais que je ne peux pas m'étrangler avec un legging? Tu le sais ou bien?

Après avoir failli casser ma télé, respiré un coup, appelé mes amours de potes du HQRS, compatissants bien que ricanants, ça va mieux, je redeviens bonheur, et je me dis qu'après tout, flasher sur un gay était le seul truc de Bridget que je n'avais pas encore fait et que c'est une expérience intéressante à ajouter au film de ma vie. Et tant pis si W9 me rappelle sans cesse mon cruel destin de midinette aux espoirs brisés.

Nous n'aborderons pas la question du pic de la torture technologique, ce sujet délicat mais ô combien connu de tous, à savoir le Newsfeed Facebook qui décide de vous tenir au courant des moindres détails de la vie de vos ex PILE le jour où vous êtes d'humeur chafouine.

J'aimerais bien, mais là j'ai pas trop le temps, j'organise un autodafé de toute télé ou ordinateur se trouvant dans un rayon de 1000 km autour de moi.

Car comme le dirait une docte visionnaire dont la parole mérite d'être retranscrite et partagée, "les robots les ordinateurs, c'est pas beau et ça fait peur".

Allez salut.

Mathilde, qui se dit qu'elle n'aurait pas eu tous ces problèmes chez les Amish.

Listening:

"Nothin' on you" de B.o.B. et Bruno Mars

Posté par Mathilde M à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]



25 avril 2010

De la théorie de l'exception.

he_s_not_that_into_you_movie_image_justin_long

Cas n°1: J'ai rencontré Jean-Hubert à l'anniversaire d'une amie. Jean-Hubert est intéressant, appartient à la frange CSP-pas-encore-plus-because-pas-tout-à-fait-installé-dans-la-vie-active-mais-futur-très-bon-parti.

Jean-Hubert m'explique qu'il ne conçoit pas d'imposer à une fille une relation exclusive, et qu'il ne conçoit donc pas l'inverse non plus. Jean-Hubert pratique le polyamour et nous a assuré - à moi et à mes amies hurlantes - qu'il n'avait jamais eu le moindre problème en exposant sa théorie à ses nanas pile au moment où les choses devenaient sérieuses et où elles commençaient à s'attacher.

Cas n°2: Il est beau comme un dieu, il est adorable, il est brillant, il est drôle, et il est beaucoup trop sensible, attentionné et au fait des multiples mécanismes du cerveau féminin pour ne pas être une arme de destruction massive. Et le pire, c'est qu'il ne le sait même pas. Lui, c'est Jean-Marcel, l'un de mes meilleurs amis, dont l'identité ne sera pas divulguée ici pour sa propre sécurité.

Jean-Marcel sort d'une trèèèès longue relation qui l'a laissé exsangue. Jean-Marcel est un rêveur et n'attend que la fille qui lui donnera à nouveau foi en ses idéaux dignes d'un Walt Disney. Et ce sont justement ces idéaux qui font que Jean-Marcel a très peur de souffrir à nouveau. Jean-Marcel est donc devenu réticent à tout engagement. Mais le "non-engagement", chez Jean-Marcel, ça consiste à appeler sa plus-ou-moins-girlfriend toutes les cinq minutes et à passer des dimanche en mode love to love avec elle.

Jean-Marcel pense sérieusement et en toute innocence que sa p-o-m-girlfriend est complètement consciente de la situation, qu'elle la vit très bien et qu'elle n'est pas en train de tomber amoureuse de lui. Jean-Marcel est bien brave. (Jean-Marcel me fatigue, surtout, et mériterait bien de devenir un personnage récurrent de ce blog, voire d'avoir une catégorie pour lui tout seul, ne m'en veux pas Jean-Marcel, je t'aime tu sais?)

"What's your point?", me demandez-vous d'un air accusateur (vous n'êtes pas très très sympa).

The point, public assoiffé, c'est que Jean-Hubert, Jean-Marcel et leurs congénères ne sont visiblement pas au courant de l'existence de ce que j'appelle (en featuring avec Drew B, une actrice vaguement connue) la théorie de l'exception. Théorie dont l'existence, bien que ne touchant pas l'intégralité du sexe féminin (juste 90%), est aussi indéniable que le statut criminel du chirurgien des frères Bogdanov.

La théorie de l'exception, c'est cette tendance du cerveau féminin - et le mien le premier, en témoigne mon affligeante et interminable histoire avec Big - à croire que derrière tout mec qui refuse de s'engager se cache un petit chevreau blessé, qui n'attend que vous pour s'éveiller à la vie et faire venir un orchestre sous vos fenêtres, sans raison, juste parce que c'est "cro mignon". Bien sûr, avant toute chose, il aura plaqué toutes ses meufs (vous lui faites un effet boeuf).

A ce stade, il convient de faire un constat simple: si mes co-chromosomes XX sont - bien heureusement - capables de décider de faire d'un Jean-Bernard quelconque un Plan Cul plus ou moins Fixe sans s'y attacher plus que ça, elles ont, ont été ou seront un jour victimes, au moins une fois dans leur vie, de la théorie de l'exception, qui les transformera en mythomanes chroniques doublées de fines stratèges.

Pour Jean-Hubert, ça donne ça.

Jean-Hubert dit: Tu sais, j'ai pas envie de m'enchaîner à une seule fille, je suis pour le polyamour... Ca te dérange?

Marie-Berthe répond: MAIS TROP PAAAAAAAAAAAAS, est-ce que j'ai l'air d'adhérer à cette conception surannée et judéo-chrétienne du couple? D'ailleurs moi aussi je suis pour l'amour libre.

Mais Marie-Berthe pense: Ouais ben c'est ça ouais, la compétition fait de ta conquête une croisade, mon Jean-Hubert, parce qu'EN PLUS de t'avoir je pourrai parader devant le monde entier en expliquant que grâce à moi tu as changé, que je t'ai apporté à moi seule plus que toutes tes meufs, que j'espionnerai d'ailleurs sur Facebook pour me convaincre qu'elles sont moins jolies que moi et que celles qui sont plus jolies que moi sont connes et se contentent de l'excitante posture dite de l'étoile de mer.

Dans le cas de notre ami Jean-Marcel, ça donne ça.

Jean-Marcel dit: Tu sais, je sors d'une très longue relation, j'ai beaucoup souffert, mon ex m'a largué du jour au lendemain, après 75 ans de bons et loyaux services...

Marie-Berthe répond: Je comprends Jean-Marcel, je ne veux pas te brusquer, d'ailleurs moi aussi j'ai trop souffert et je suis hyper cool par rapport à tout ça et on sera juste amants.

(LOLILOL, amis lecteurs, LOLILOL. Jean-Marcel ne se rend pas compte - et ce n'est pas faute de le lui répéter en l'insultant et en lui jetant des stylos - qu'il est le terreau, oui, LE TERREAU dans lequel se développe une théorie de l'exception parfaite. Qu'il en est la QUINTESSENCE.)

Car cette friponne de Marie-Berthe pense: DING DING DING! Appelez le wedding planner! 75 ans avec la même nana? Mais Jean-Marcel est donc, SUR LE PRINCIPE, capable de s'engager! Jean-Marcel est un petit lapin abandonné sur le bord de la route par une sorcière sans foi ni loi! Mais je vais te la faire oublier, moi, ta rupture douloureuse, je ne serai pas ta rebound girl, je vais te rappeler qu'aiiiimer, c'est ce qu'il y a de plus beau, JE T'AURAI, Jean-Marcel, bon parti parmi les bons partis. Parce que dans ce panorama de connards et de psychotiques qui nous entourent, avec ton authentique coeur brisé de petit lapin, tu es un peu l'équivalent d'un Everest, celui qu'on veut toutes atteindre, un concept rare, qu'on est toutes prêtes à s'arracher dans les larmes et le sang.

Et la théorie de l'exception marche à toutes les sauces. TOUTES.

Untel dit: Tu sais, j'ai pas très envie de m'engager en ce moment, j'ai envie de profiter de la vie/j'attends d'être stable professionnellement parlant/j'ai perdu mon lama domestique...

Marie-Berthe répond: Non mais y a aucun souci, d'ailleurs moi non plus j'ai pas forcément envie de m'engager tu vois, on est jamais à l'abri d'une surprise mais pour le moment ça sert à rien de trop s'avancer.

Marie-Berthe pense: Ouais c'est ça aussi ouais. On peut profiter de la vie ensemble au bord de la Seine en buvant du jus de litchi, on s'en fout de la stabilité professionnelle, on vivra d'amour (et de jus de litchi), et puis je vais t'en racheter un de lama, on l'appellera Lama, ce sera comme un enfant de substitution, en attendant que tu m'en fasses un. Car je sais que tu m'aimes, tu fais semblant parce que tu veux te protéger du vertige de l'amour mais je le sais, JE LE SAIS. Cela dit, je ne veux pas te faire peur, alors je te vends mon concept de fille cool et détachée avec une conviction qui mériterait de me rapporter un Oscar, en accordant les prénoms de nos futurs enfants avec ton nom de famille, pour voir si ça rend bien, juste comme ça, détente.

"Pourquoi tant de torture psychique?", me demanderez-vous d'un air dépité.

Parce que dans la tête de la nana qui a:

a) un QI d'huître et trop d'épisodes de "Plus belle la vie" au compteur OU un cerveau en parfait état de fonctionnement mais un paquet de névroses plus gros qu'elle,

b) trop de copines prêtes à s'emballer avec elle (pour pouvoir débriefer sur les trois petits points à la fin du dernier texto hebdomadaire de Jean-Hubert et consorts) ou à la raisonner (pour qu'elle puisse les maudire et avoir envie de leur donner tort),

c) lu trop de livres mignons, regardé trop de films et de séries mignons, écouté trop de musique mignonne et trop traîné sur le Pont des Arts,

détourner un anti-engagement de sa trajectoire et en faire un Mark Darcy est beaucoup, beaucoup plus gratifiant et exaltant que de perdre son temps à s'intéresser à un mec tristement accessible qui lui fera autant d'effet qu'une endive bouillie.

C'est tragique, mais c'est comme ça, et c'est l'une des raisons pour lesquelles les relations hommes/femmes sont un drame.

Cordialement.

Mathilde, qui n'a pas du tout écrit l'article le plus long de ce blog et sûrement du monde entier parce que c'est l'histoire de sa vie. PAS DU TOUT.

Listening:

"Another day" de Jamie Lidell (la tuerie parmi les tueries et la chanson qui devrait illustrer le mot "bonheur musical" dans le dico)
"Black hole sun" de Soundgarden (que tout le monde connaissait sauf moi, qui l'ai honteusement découverte par le biais de Ramon-Orgasme Visuel Suprême de la Nouvelle Star, mais qui est juste magnifique)
"This guy's in love with you" d'Herb Alpert (intemporelle)

Posté par Mathilde M à 23:15 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

19 avril 2010

Protect me from what I want.

Coucou les poulets!

Bien ou bien?

Aujourd'hui j'ai envie de poser une question de fond. Une question de société. Une question que je m'auto-pose tout en vous la posant à vous parce que moi je connais déjà la réponse. A la question.

(Sinon, on est toujours 17 dans ma tête.)

Question de fond, donc, WHAT'S UP WITH BIG?

o3ckkn7p

Ca faisait bien deux articles - donc trois mois environ, blogueuse indigne je suis, blogueuse indigne je resterai - que je n'en avais pas parlé et je suis sûre qu'il vous manquait ou pas.

Après deux mois et demi de rehab forcée, subie, vomie, mais assumée, j'ai craqué: je lui ai envoyé un SMS. Un de ces SMS qui se veut elliptique et sybillin MAIS plein de messages cachés et complexes. Vous savez, un de ces messages que vous envoyez en imaginant que le mec vous prendra pour une fille hyper hard to get, lointaine et éthérée, plein de TROIS PETITS POINTS. Genre "J'espère que tu vas bien THREE POINTS tu me manques THREE POINTS je suis pathétique SWITZERLAND TWELVE POINTS et non j'ai pas l'air éthérée mais juste folle".

A suivi une conversation d'une inutilité stupéfiante, à laquelle s'est ajoutée une autre conversation d'une inutilité tout aussi stupéfiante (amis de la constance bonsoir), et à ce stade je pense qu'il faut juste arrêter. Pour de vrai. Pas comme les 28321 fois où j'ai lancé d'un air affirmé (mais toujours éthéré) que Big c'était fini, mais en me disant qu'en fait non, parce que c'était comme les fois où je sortais d'un partiel en disant que je l'avais trop raté pour inverser le karma et choper un 16. Arrêter, sans grandes déclarations, ni grandes résolutions, me retirer de sa vie (et m'apercevoir qu'il s'en soucie autant que de sa première Fatou - oui, Big a très bon goût), et le sortir de la mienne (et m'apercevoir qu'en fait concrètement ça ne change pas grand chose vu que les multiples étapes de notre relation torturée se passent dans ma tête).

Protect me from what I want, protect me from ce mec avec qui ça ne marchera jamais, en grande partie par ma faute, parce que quoi qu'on en dise la Léa Castel attitude est tout sauf engageante.

Bouffonnerie = not sexy, nouveau mantra.

Sinon, ça va vous?

Mathilde, qui a aussi des choses intéressantes à raconter. (Mais là je peux pas, j'ai cerf-volant.)

Listening:

"Be my baby" de Vanessa Paradis

Posté par Mathilde M à 20:30 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

14 mars 2010

Du High Quality Rescue Service.

Mon amie Natacha n'est pas seulement une fille merveilleuse, mais elle est également une créatrice de concepts aussi brillants que caractéristiques d'un esprit dérangé.

C'est donc à elle qu'il faut attribuer la maternité de celui dont je vais vous parler aujourd'hui: le High Quality Rescue Service.

Parce que les vrais amis sont ceux qui sont à vos côtés quand tout va bien, mais aussi et surtout ceux qui vous ramassent quand vous êtes à peu près aussi joyeuse qu'un film de Tim Burton.

High Quality Rescue Service: une action en 5 points

1) Le HQRS agit dans l'urgence

Parce que faire partie du HQRS, c'est un investissement de chaque instant.

Le membre du HQRS a, à l'instar d'un BatSignal lui permettant d'agir rapidement en cas de crise, une capacité à avoir son téléphone portable sur lui au moment M. Ce qui lui permettra de répondre présent dans divers cas nécessitant une prise en charge immédiate:

- membre de la Team sortant de chez un connard quelconque et éclatant en sanglots sur un banc public dans une ville inconnue et plébéienne
- membre de la Team en rehab d'un ex-boulet/d'une target-boulet sur le point de lui envoyer un texto/de répondre à un texto/de l'appeler en pleurant/de lui chanter la sérénade
- membre de la Team sombrant dans l'une de ces crises de confiance violentes qui sont malheureusement le lot quotidien de la Team en question.

Le membre du HQRS contacté désamorce la bombe. Il administre les premiers soins: calme les crises de larmes, écoute les gueulantes, en pousse une au besoin, à grands renforts de méthode Coué, et, surtout, SURTOUT, prévient les autres membres de la Team de la nécessité de se réunir au plus tôt pour un sommet d'urgence visant à empêcher le membre affaibli de rester seul et de se trancher la jugulaire.

(La notion de "sommet d'urgence" doit toutefois être entendue de manière extensive, et concrètement, deux membres de la Team buvant de la sangria sur le Pont des Arts suffisent pour que la qualification de sommet soit retenue.)

2) Le HQRS sait ce qui est bon pour le moral des troupes

Parce qu'un sommet du HQRS est basé sur le recours à des fondamentaux simples, et que ces fondamentaux reposent sur une incursion, généralement aussi discrète que l'arrivée de Katrina à la Nouvelle-Orléans, dans tout lieu de ravitaillement quel qu'il soit. En effet, le HQRS n'est ni sectaire ni regardant, et finalement, peu importe l'endroit où il oeuvre, tant qu'il y a de quoi entretenir l'alcoolisme latent de ses membres.

Au cours d'une mission ravitaillement du HQRS, chacun sa spécialité: il y a l'efficace, qui n'a pas prévu d'y passer 50 ans, qui sait où se trouve chaque truc et qui pense à prendre un tire-bouchon. Il y a le snob, qui veut du jus d'orange Tropicana et du jus de fraise Pago, parce que sinon c'est vraiment pas possible. Il y a la monomaniaque en mode femme enceinte wannabe, qui chouine parce qu'elle veut du saucisson et du beurre de cacahuètes et des accras de morue et des Oreos. Les autres la regardent avec dépit, mais finalement, ils la laissent prendre ce qu'elle veut parce qu'elle est irrécupérable. Il y a la relou qui voudrait bien une salade (UNE SALADE quoi) et qui voudrait aussi ça mais oui mais non et en fait si. Celui qui s'en fout, tant qu'il y a de la bière. Celui qui s'en fout, parce qu'il sait que les éléments féminins du HQRS s'assureront qu'il ait assez à manger de toute façon (amis de l'avancée de la condition féminine bonjour).

Bref, une bonne brochette de cas sociaux. Au cours de leur périple, la moitié des troupes se perdront, l'autre moitié se perdra en voulant aller les chercher, tout le monde voudra aller à la caisse automatique dans un souci de rapidité, et bien évidemment, il faudra finalement appeler la dame de la caisse pour qu'elle veuille bien expliquer au HQRS le fonctionnement de la bête. Le tout à un volume sonore de 1276 décibels par personne.

3) Le HQRS a la dancefloor attitude

Parce qu'une fois que le membre en souffrance a repris ses esprits/bu un verre ou deux (ou trois)/le ventre plein (et les artères bientôt bouchées), ce qui n'était qu'une petite musique d'ambiance destinée à le détourner de sa crise devient instrument du Mal.

Parce qu'il y en a toujours un ou une pour passer comme par magie de Cocoon à Justin Timberlake, Beyoncé ou autre provocation musicale. Qu'il y en a toujours un ou une pour se lever d'un coup de sa chaise et commencer à danser. Et lorsque les filles de l'assistance se mettent à scander "Wake up in the mornin' feeling like P. Diddy!" en bootyshakant comme des pouffiasses, on peut considérer que THE ROOF IS DEFINITELY ON FIRE.

Ce qui se produit toujours. TOUJOURS.

4) Le HQRS est thérapeutique

Parce que toute la magie du HQRS réside dans le fait que, peu importe son degré d'objectivité, les conseils de crise de la Team font toujours du bien au membre fragilisé.

Illustration.

Le HQRS est très objectif? OK. Vous aurez donc droit à une explication mesurée, rationnelle, vous permettant de mieux évaluer la situation, avec un recul que vous ne pouvez présentement pas avoir compte tenu de votre état de crise. Et vous aurez l'impression d'avoir avancé, de bons conseils plein la tête, et l'envie de continuer sur la voie que vous suggèrent vos doctes amis.

Le HQRS est en mode mauvaise foi? Eh bien enjoy! Maudissez donc Jean-Jules, cet affreux sans foi ni loi! Moquez-vous donc de la connerie de Marie-Paulette, mais c'est UNE POUF tu entends elle te mérite pas putain t'as vu son pull? Et sa tête d'inutile? On te l'avait pas dit qu'elle était inutile? MAIS T'ES BEAUCOUP TROP BEAU POUR ELLE! On s'en fout! CREVURE VA! CONNASSE!!!

C'est magique, vous dis-je, magique.

5) Le HQRS a l'esprit de famille

Fin de soirée. Ou fin de brunch. Ou fin de boum de l'aprem. Whatever.

Crise gérée. Le membre en souffrance de la Team n'a pas forcément réglé son problème, mais il l'aura relativisé, et, le temps d'une soirée/brunch/boum/whatever, l'aura jeté aux oubliettes.

Silence.

Mais un de ces silences qui vous met un sourire con aux lèvres, qui vous soudent, un de ces silences qui veut dire "Merci d'être là.". Au milieu des cadavres de bouteilles, des Mojitos expérimentaux au goût d'alcool à 90° auxquels personne n'a touché, des pizzas et du beurre de cacahuètes, sur fond de musique à laquelle on ne fait plus attention.

Un de ces silences qui vous rend lyrique, qui vous donne l'impression de vivre dans "Friends"/"Newport Beach"/autre série d'amis pour la vie que vous avez trop regardée, qui vous donne envie de prendre vos potes dans vos bras, de leur dire que vous les aimez, vraiment, que vous êtes des poneys, des chatons, des écureuils, que vous vous foutez de votre putain de Mr Big/autre source de crise et que de toute façon vous voulez vieillir avec eux dans un kibboutz ET C'EST TOUT.

That's what friends are for...

Love you guys.

Ecureuil

Mathilde, qui n'échangerait ses amis pour rien au monde. Sauf Yoann Gourcuff. (Ben oui hein, je vous aime bien mais bon.)

Listening:

"That's what friends are for" de Dionne Warwick And Friends (suis niaise mais je m'en fous, cette chanson me fait vraiment trop penser à vous)

Posté par Mathilde M à 00:54 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

08 mars 2010

"Shut up, just shut up, shut up"

On est le 8 mars, c'est la journée de la femme, rebellons-nous, tout ça tout ça.

Je vous avoue que je m'en fous un peu en fait, non pas parce que je ne me sens pas concernée mais parce que je suis féministe 365 jours par an depuis bientôt 22 ans, féminisme qui se manifeste aussi bien par ma participation à diverses oeuvres et conférences sur le sujet que par mes "Non mais à un moment donné ça va hein, tu peux arrêter de concourir à cette vaste plaisanterie déterministe entretenue depuis la nuit des temps?" lancés à la moindre réflexion douteuse, et ce y compris quand je suis saoule, quand je dors à moitié ou en cours de macramé.

Voilà. Devoir de blogueuse pouf mais engagée = done.

Figurez-vous qu'aujourd'hui, j'ai plutôt envie d'être méchante, oui, méchante, et de vous faire un petit top 5 de certaines de ces répliques cultes qui m'enchantent.

beyonce_single_ladies_put_a_ring_on_it

Le top 5 des phrases à sortir à vos amis célibataires quand vous, vous ne l'êtes pas

5 - "Tu comprendras quand tu seras en couple."

Parce que c'est bien connu, le fonctionnement d'un cerveau humain est altéré par le fait d'échanger des fluides divers avec l'un de ses semblables.

Alors OK, je comprendrai le sens de la vie quand je serai en couple, mais je vous promets solennellement que jamais, JAMAIS, je n'écouterai Grégoire, que jamais, JAMAIS, je ne porterai de carreaux avec des rayures et que jamais, JAMAIS, je ne suivrai l'exemple de David Charvet en oubliant l'existence bien utile du subjonctif dans notre belle langue française.

En revanche, un jour je travaillerai dans le BTP, la preuve ci-dessous!

4 - "Mais ton célibat est une bonne chose, c'est hyper important, il te permet de te construire!"

Se construire.

Vaste concept psycho-sociologique bien pratique pour les personnes qui ont trop lu Cosmo et leurs articles à la con type "Je suis partie vivre dans une datcha au Nouveau-Mexique pour y élever des ragondins et me recentrer sur mon être et c'était trop tip top cool.", et leur permettant de masquer leur absence d'arguments en ayant l'air sages et inspirés.

Comme eux, j'adopterais bien la Yoda attitude, mais je peux pas, je me construis!

Et après j'ai piscine, puis capture des papillons que je n'ai pas dans le ventre.

3 - "C'est tellement beau ce qui m'arrive c'est dingue, je deviens folle c'est incroyable cette sensation, je te souhaite vraiment de le vivre un jour!"

Mais que c'est gentil!

Au lieu de me souhaiter d'attraper une pneumopathie atypique, de m'habiller chez Pimkie et de regarder le JT de Jean-Pierre Pernaut sans saigner des yeux, on me souhaite de trouver quelqu'un qui me donne envie de chanter "What a feeling" la main sur le coeur!

J'en suis toute tourneboulée. Souhaitez-moi donc des étoiles dans les yeux! Des fleurs dans le coeur! De l'amour, des poney et des cascades chatoyantes!

Et tant qu'à faire, vous pourriez aussi me souhaiter de fréquenter exclusivement des gens conscients a) de l'importance d'une notion qui s'appelle le tact, b) du caractère hautement énervant d'une autre notion qui s'appelle la condescendance bienveillante, c) que bien heureusement pour moi en 22 ans j'ai quand même eu des relations sérieuses, et que quand on est restée avec le même mec pendant trois ans, on la connaît déjà la famille papillon.

Mais telle la pierre philosophale, la famille papillon est timide et n'apparaît qu'aux gens de bien qui ne la convoitent pas, entre 2h37 et 7h01, au bout de l'arc-en-ciel, juste à côté du chaudron magique.

Youpi!

2 - "Oh tu sais ça arrivera au moment où tu t'y attendras le moins, l'amour ça te tombe dessus!"

Parce que les fondamentaux ne se démodent jamais et qu'on l'a toutes entendue au moins 150 fois.

Je vous vois venir avec vos "Ouais gna gna mais c'est vrai gna gna moi par exemple gna gna gna.". Soyons donc clairs: je sais que c'est vrai (en même temps ça s'appelle un constat empirique, c'est pas bien compliqué à établir). Je le sais. Ca m'est déjà arrivé. C'est comme ça que ça se passe. Soit.

Mais tant que ça ne m'arrive pas à moi, je me fous complètement qu'Unetelle ait rencontré Jean-Firmin à un bal musette où elle n'avait pas prévu d'aller mais où elle a finalement fait un saut parce que les Forbans y faisaient un showcase et tu comprends bla bla bla C'EST TA LIFE. Et concrètement, la seule réponse envisageable à donner à un "L'amour ça te tombe dessus!" tient en deux mots: "Ta gueule.".

A ce stade, le suspense devient complètement incommensurable, y a-t-il une phrase capable de détrôner cette tarte à la crème de la phrase-pourrie-de-maquée-à-sa-copine-single-lady? Est-ce possible de surpasser une prise de position aussi aventureuse? Peut-on, PEUT-ON faire mieux que cet acmé de platitude digne d'un "Y a plus de saisons ma bonne dame?"?

MAIS OUI AUDIENCE, OUI!

And the winner is...

1- "Finalement c'est plus rassurant d'être célibataire, parce que tu vois quand t'es heureux en couple tu as toujours peur de perdre ce que tu as, alors que toi ben... T'as pas ce problème!"

Chapeau bas, tout simplement.

Ah et sinon je voudrais dire à ma grande et heureuse famille et à mes merveilleux amis que je m'en fous de leur vie en fait. OK? Allez salut!

Toute ressemblance avec des répliques émanant de personnes de ma connaissance n'est absolument pas fortuite.

Mathilde, single lady confrontée au drame des single neurones.

Listening:

"Dynamite" de Wayne Beckford (yeah baby!)

Posté par Mathilde M à 20:56 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

22 février 2010

The rehab tales, part II.

Vous savez les enfants, parfois je m'auto-désespère.

Mais vraiment.

Comme quand je parcours ce blog et que je relis mes anciens articles.

Le 14 août 2008, j'écrivais ça: "The rehab tales".

Le 14 août 2008, j'étais en vacances en Californie, entre Sacramento, Las Vegas, Los Angeles, et la merveilleuse San Francisco (entre autres). Des vacances géniales dans des endroits incroyables. Et pourtant, j'étais profondément triste.

Parce que le 22 février 2008, il y a deux ans jour pour jour, je rencontrais L.

Et que le 14 août 2008, j'essayais d'oublier L. L qui, comme vous le savez si vous avez bien suivi, est mon ineffable Mr Big.

Copie_de_6

A l'époque, la situation était déjà désespérée entre lui et moi. Il m'avait déjà jetée douze fois, et il commençait tout juste à sortir avec celle qui deviendrait sa Natasha-version-zoulette-à-Skyblog. Et moi, j'essayais de guérir.

Le 14 août 2008, j'avais déjà peur de ne jamais arriver à me détacher de ce mec, mais au fond de moi, je voulais conjurer le sort, je voulais me dire que je m'en sortirais, ou parce qu'il se rendrait compte que nous étions faits l'un pour l'autre, ou parce que je rencontrerais quelqu'un d'autre.

Et me voilà, le 22 février 2010, débarrassée de mes oeillères, enfin consciente que L n'est pas pour moi, mais toujours incapable de le sortir de mon coeur, malgré la déception, malgré tous les sentiments que j'ai pu avoir pour d'autres que lui.

Et me voilà, le 22 février 2010, en rehab depuis un peu plus d'un mois et m'interdisant tout contact de quelque nature qu'il soit avec lui jusqu'à ce que Victoria Silvstedt devienne distinguée et Christophe Dechavanne drôle. Histoire de pouvoir, un jour, gérer correctement notre relation.

Et me voilà, le 22 février 2010, incapable de répondre aux "Hummm mais si je résume tout ce que tu m'as dit c'est un mec arrogant et froid, en présence duquel tu n'es absolument pas toi-même et pour lequel tu renies tout ce que tu es, un mec surpris de te voir rire aux éclats, un mec qui ne t'aime même pas... Pourquoi il te manque?" de mon ami Alexandre, qui me connaît depuis quelques mois seulement mais a déjà les oreilles remplies de L, L, L, sa vie, son oeuvre, et j'ai envie de l'appeler, et il me manque il me manque il me manque passe-moi ta boule anti-stress un gâteau des chips une clope une gorgée de ce que tu bois, non je sais pas ce que c'est et oui je m'en fous, il me manque il me manque il me manque tu peux m'empêcher d'écouter cette chanson s'il te plaît?

Et me voilà, le 22 février 2010, mise face à ma connerie par mes amies Meriem et Natacha qui, lorsqu'on rêve nos vies futures, me charrient en m'imaginant mariée à L. Définitivement purgée de toutes mes crises d'enthousiasme hystérique pour tout et rien, de mon côté fifille superficielle, de ma voix de cétacé, de mes "Bazinga!" et autres références à Sheldon Cooper, de mes fringues de folle. Mère de deux enfants chiants, menant une vie chiante dans une banlieue chiante, portant des cardigans vert pomme, faisant des gâteaux dans des fours en céramique en attendant ma progéniture pendant qu'elle a piscine/macramé/poterie/triangle/poney. Privée de sexe par mon cher mari pro-adultère et rêvant devant les brushingués d' "Amour gloire et beauté" en me rappelant de l'époque où j'étais une fille funky.

C'est marrant parce que les dates de ce genre me transforment toujours en Marty McFly. Je réfléchis, je cogite, et je me dis tiens, et si j'avais su ce qui m'attendait en rencontrant L? Est-ce que j'aurais foncé aussi aveuglément?

Et malheureusement pour moi, la réponse est oui. Parce que certaines histoires portent la souffrance qu'elles vont engendrer en étendard dès le début, que j'ai toujours su que j'y laisserais mon coeur et que j'ai tout envoyé balader quand même, parce que mon coeur n'était rien comparé aux beaux yeux de L, au sourire de L, à la voix de L, et que je ne suis rien qu'une conne.

Qui s'auto-désespère. On y revient.

Joyeux anniversaire Mathilde-la-bouffonne, en espérant ne pas te retrouver le 22 février 2011.

Mathilde, qui voulait écrire un article drôle sur son énième rehab-post L, et qui ne sait pas trop comment il s'est transformé en... ça. Toutes mes confuses.

Listening:

"Pas besoin de toi" de Joyce Jonathan (et j'assume mes goûts de merde, parfaitement)
"No way" de Gush (pour rester de bonne humeur)

Posté par Mathilde M à 23:54 - - Commentaires [10] - Permalien [#]



Fin »