12 septembre 2009
Ted M and Marshall E.
On a eu beau essayer les cigarettes au chocolat, pousser des cris hystériques, danser sur "Love is wicked", la nostalgie a fini par nous rattraper.
Après tout, on a beau dire "farewell party" parce qu'on est over-franglophones-et-hype-of-the-lifestyle, ça veut quand même dire que tu t'en vas.
Tu t'en vas, dans cette ville de la perfide Albion où on chantait "Madame rêve" il y a à peine plus d'un an en faisant des photos conceptuelles avec des crayons géants.
Tu t'en vas, et moi je te revois le jour de la rentrée de 6e, et les débiles de notre école qui nous demandaient si on était soeurs parce que quand même deux noires dans une même promotion ça faisait un peu beaucoup quoi. Et tes lettres écrites à l'encre turquoise et tes ronds géants sur les "i". Je repense à tous tes mecs pourris, et à mon innocence de l'époque, parce qu'à ce moment-là c'était moi la sage du duo, quand je ne chantais pas "Singing in the rain" en doudoune argentée sous le préau du collège. Je repense à ton dernier mec pourri, juste avant The One. Je repense à vous deux, il y a cinq ans et demi, à vous deux maintenant, et je souris en me disant que j'ai de la chance de vous avoir sous les yeux et de croire encore en l'amour grâce à vous.
Tu t'en vas, et moi je repense à toi, et à nos debriefs quotidiens d'ados amoureuses débiles découvrant la vie, à toi m'apportant de la glace comme un vrai cliché de meilleure amie de film américain le jour de la première de mes nombreuses ruptures, me traînant hors de
Beaubourg, jusqu'au Starbucks le plus proche, me forçant à avaler un
Mocha Blanc et un muffin noisette et chocolat et à regarder "How I met
your mother" jusqu'à ce que j'arrête de pleurer le jour de la plus
douloureuse d'entre elles. A toi, qui as vu arriver, rester plus ou moins longtemps, repartir, parfois revenir, Steeve, Jean-Loup, Lucas, les autres, et même le légendaire Philippe de la soirée d'élection de Miss et Mister Assas, et as été présente à mes côtés à chaque fois, sans jamais me juger.
Tu t'en vas, et moi je repense à nos quatre ans de droit, à nos blagues juridiques, à nos fous rires sur la Constitution, à nos clashs sur les arrêts du GAJA, à nos debriefs post-partiels, à moi regardant les gens d'un air perplexe dans les amphis d'Assas, à mes potes te réclamant dans les amphis de la Sorbonne, à toi et moi tous les dimanches à Beaubourg, à notre capacité d'évaluer le temps d'attente dans la queue en une seconde et demie, à nos sandwiches au saumon ou au poulet, aux gâteaux aux amandes, aux cassos du dimanche et à toi toujours plus sérieuse que moi.
Tu t'en vas, et moi je repense à toi, admirable, tellement admirable, supportant mes névroses, mes crises de larmes, ma folie, mes excès, me pardonnant mon injustice envers toi, ma peur perpétuelle de te perdre.
Tu t'en vas, et moi je repense à toi, à ton intelligence, à ton ambition, à ta force, à ton courage, à ta classe, à ta beauté, à ta générosité, à ta loyauté, et à la chance que j'ai d'avoir quelqu'un comme toi dans ma vie.
Tu t'en vas, et moi je repense à tant de choses que cet article risque fort d'être sans fin.
Tu t'en vas, et moi je repense à nous dans ta voiture cette nuit avec ta soeur et tes cousines, écoutant Kelly Clarkson et "Colorblind" et Soulja Boy.
Tu t'en vas, alors que je ne sais pas encore comment je vais supporter la vie sans toi, ma meilleure amie qui es sans doute la meilleure partie de moi.
Tu t'en vas, et je t'imagine réussissant brillamment ton LLM, je me vois pleurer de joie à ton mariage, être la tata gâteau de Marouane et Lina, je suis heureuse, si heureuse pour toi, et j'espère l'être encore plus dans les années à venir.
Je t'aime, je t'aime, je t'aime.
Mathilde, qui est très fière de son petit cheval sauvage qui court le monde après son destin.
Listening:
"Sweetest goodbye" de Maroon 5



