L'histoire d'un crush, ou ces petites choses que l'on fait malgré soi quand un mec passe du statut de chromosome Y lambda à celui de target officielle.

Copie_de_39

Souffrir de mentionnite aggravée.

La mentionnite, ce fléau trop souvent ignoré, est le premier stade de l'addiction. C'est ce syndrome très énervant pour votre entourage qui vous conduit à placer le prénom de votre target dans TOUTES les conversations, et ce peu important que les conversations en question portent sur l'évolution du canevas au 19e siècle, le sort tragique des phoques vermillon des îles Fidji ou l'éternel débat "Chuck, Nate ou Dan?".

"Non mais bien sûr que je suis d'accord avec toi, la philosophie de Lévi-Strauss est complètement accessible au profane... Mais sinon ça me fait penser que justement Jean-Eudes m'a dit l'autre jour que j'avais un joli collier!"

Vivre l'effet "miroir miroir".

C'est-à-dire le moment précis où, malgré vos 21 ans passés et vos cinq ans d'études supérieures, vous redevenez une gamine de deux ans. C'est un peu comme le stade du "non" par lequel passent les bébés, sauf que dans votre cas, ce n'est pas de la révolte mais plutôt du déni.

"Ouais ben nan OK? Je comprends pas pourquoi tu penses que Jean-Eudes me plaît! Non mais N'IMPORTE QUOI. On vit une camaraderie des plus franches quoi. D'abord c'est celle qui dit qui y est, miroir miroir ça revient sur toi, bisque bisque rage LAISSE-MOI TRANQUILLE, fausse pote."

(Accompagné dans mon le pire des cas d'un petit mouvement de "Na na nère" exécuté avec les deux index, tribute to Meriem, Alexia et Natacha.)

Instaurer une relation toute particulière avec sa bibliothèque I-Tunes.

Ou les dommages collatéraux engendrés par les teen movies/séries américaines.

Vous aimez à vous imaginer, blottie dans les bras de votre Jean-Eudes sous une pluie battante. Bande-son: "At last" d'Etta James. "Eternal flame" des Bangles. A peu près la moitié de votre discothèque, quoi. Sauf que pour le moment, vous n'êtes pas précisément in a relationship with Jean-Eudes, cet insaisissable.

Du coup, vous cherchez des chansons d'amour choupi MAIS caractéristiques de la complexité de votre relation, des chansons qui parlent d'un amour un peu torturé et compliqué où aucune des parties ne sait ce qu'elle veut, qui vous permettent de secouer la tête d'un air mélancolique parce que c'est vraiment trop dur tout ça. Au choix, "You give me something" de James Morrison, "Delicate" de Damien Rice. "Belle à en crever" d'Olivia Ruiz.

Faire des tests idiots.

Des tests de compatibilité des prénoms. Des signes astrologiques. Des signes chinois. Des ascendants. De TOUT. Avoir l'impression de détenir la clé de tous les secrets de l'existence si le résultat vous semble un tant soit peu plausible. Sortir à vos copines que "Non mais il est soooooooooo enfermé dans son élément aquatique meuf. C'est parce qu'il a peur de la femme puissante et phallique que je suis en fait.".

Etre désagréable.

Avec lui, s'entend.

Prendre des résolutions de femme Barbara Gould qu'on ne tient jamais.

Phase qui est le corollaire de la précédente.

Vous êtes désagréable parce qu'il vous énerve. Pour tout et rien. Parce qu'il parle à une autre fille. Parce qu'il a dit un truc anodin à ses yeux, mais qui vous donne envie de les lui crever, et que vous ressasserez des heures durant. Bref, peu importe la raison, vous décidez que Jean-Eudes, c'est fini. C'est parti pour les grandes déclarations définitives et féministes.

On sait tous que dans ces moments-là, notre fiabilité équivaut à peu près à celle de Bernard Madoff. Et qu'une fois qu'on sera saoule/fatiguée/moins énervée, on se roulera en boule sur le lit de notre meilleure amie en disant à une autre de nos meilleures amies, d'un air dépité : "Tu saiiiiiis en fait je crois que je l'aime vraiment bien Jean-Eudes hein..." (encore une fois, tribute to Aïssatou et Meriem, pauvres de vous).

Etre globalement bipolaire.

Vous êtes contente mais pas très contente. Vous aimez bien Jean-Eudes mais en fait non. Vous n'avez pas forcément envie d'être en couple avec Jean-Eudes et vous pourriez vous contenter de coucher avec lui, mais en même temps non vous pourriez pas. Parce que quand même vous l'aimez vraiment bien. Sauf que non. Mais si.

Mais en fait non.

En tout cas, une chose est sûre, je commencerai 2010 aussi névrosée que l'an dernier, youplaboum!

Bonne année mes poulets, plein de bonheur à vous!

Mathilde, qui pourrait aussi arrêter d'être folle. Sauf que non. Mais si. Ou pas.

Listening:

"Belle à en crever" d'Olivia Ruiz