Vous savez les enfants, parfois je m'auto-désespère.

Mais vraiment.

Comme quand je parcours ce blog et que je relis mes anciens articles.

Le 14 août 2008, j'écrivais ça: "The rehab tales".

Le 14 août 2008, j'étais en vacances en Californie, entre Sacramento, Las Vegas, Los Angeles, et la merveilleuse San Francisco (entre autres). Des vacances géniales dans des endroits incroyables. Et pourtant, j'étais profondément triste.

Parce que le 22 février 2008, il y a deux ans jour pour jour, je rencontrais L.

Et que le 14 août 2008, j'essayais d'oublier L. L qui, comme vous le savez si vous avez bien suivi, est mon ineffable Mr Big.

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A l'époque, la situation était déjà désespérée entre lui et moi. Il m'avait déjà jetée douze fois, et il commençait tout juste à sortir avec celle qui deviendrait sa Natasha-version-zoulette-à-Skyblog. Et moi, j'essayais de guérir.

Le 14 août 2008, j'avais déjà peur de ne jamais arriver à me détacher de ce mec, mais au fond de moi, je voulais conjurer le sort, je voulais me dire que je m'en sortirais, ou parce qu'il se rendrait compte que nous étions faits l'un pour l'autre, ou parce que je rencontrerais quelqu'un d'autre.

Et me voilà, le 22 février 2010, débarrassée de mes oeillères, enfin consciente que L n'est pas pour moi, mais toujours incapable de le sortir de mon coeur, malgré la déception, malgré tous les sentiments que j'ai pu avoir pour d'autres que lui.

Et me voilà, le 22 février 2010, en rehab depuis un peu plus d'un mois et m'interdisant tout contact de quelque nature qu'il soit avec lui jusqu'à ce que Victoria Silvstedt devienne distinguée et Christophe Dechavanne drôle. Histoire de pouvoir, un jour, gérer correctement notre relation.

Et me voilà, le 22 février 2010, incapable de répondre aux "Hummm mais si je résume tout ce que tu m'as dit c'est un mec arrogant et froid, en présence duquel tu n'es absolument pas toi-même et pour lequel tu renies tout ce que tu es, un mec surpris de te voir rire aux éclats, un mec qui ne t'aime même pas... Pourquoi il te manque?" de mon ami Alexandre, qui me connaît depuis quelques mois seulement mais a déjà les oreilles remplies de L, L, L, sa vie, son oeuvre, et j'ai envie de l'appeler, et il me manque il me manque il me manque passe-moi ta boule anti-stress un gâteau des chips une clope une gorgée de ce que tu bois, non je sais pas ce que c'est et oui je m'en fous, il me manque il me manque il me manque tu peux m'empêcher d'écouter cette chanson s'il te plaît?

Et me voilà, le 22 février 2010, mise face à ma connerie par mes amies Meriem et Natacha qui, lorsqu'on rêve nos vies futures, me charrient en m'imaginant mariée à L. Définitivement purgée de toutes mes crises d'enthousiasme hystérique pour tout et rien, de mon côté fifille superficielle, de ma voix de cétacé, de mes "Bazinga!" et autres références à Sheldon Cooper, de mes fringues de folle. Mère de deux enfants chiants, menant une vie chiante dans une banlieue chiante, portant des cardigans vert pomme, faisant des gâteaux dans des fours en céramique en attendant ma progéniture pendant qu'elle a piscine/macramé/poterie/triangle/poney. Privée de sexe par mon cher mari pro-adultère et rêvant devant les brushingués d' "Amour gloire et beauté" en me rappelant de l'époque où j'étais une fille funky.

C'est marrant parce que les dates de ce genre me transforment toujours en Marty McFly. Je réfléchis, je cogite, et je me dis tiens, et si j'avais su ce qui m'attendait en rencontrant L? Est-ce que j'aurais foncé aussi aveuglément?

Et malheureusement pour moi, la réponse est oui. Parce que certaines histoires portent la souffrance qu'elles vont engendrer en étendard dès le début, que j'ai toujours su que j'y laisserais mon coeur et que j'ai tout envoyé balader quand même, parce que mon coeur n'était rien comparé aux beaux yeux de L, au sourire de L, à la voix de L, et que je ne suis rien qu'une conne.

Qui s'auto-désespère. On y revient.

Joyeux anniversaire Mathilde-la-bouffonne, en espérant ne pas te retrouver le 22 février 2011.

Mathilde, qui voulait écrire un article drôle sur son énième rehab-post L, et qui ne sait pas trop comment il s'est transformé en... ça. Toutes mes confuses.

Listening:

"Pas besoin de toi" de Joyce Jonathan (et j'assume mes goûts de merde, parfaitement)
"No way" de Gush (pour rester de bonne humeur)