Les gros, j'ai comme une envie de vous checker, comme on fait dans le ter ter, et de vous emmener guincher sur le parvis des Halles. Parce qu'une nouvelle comme ça, ça se fête autour d'un bucket, avec Sexion d'Assaut en fond sonore t'as vu. Siiiiiii si.

(Non je rigole.)

Question à un million d'euros: vous savez quel est le meilleur moment dans la vie d'une drama queen en rehab d'un heartbreaker quelconque?

(Quand elle arrête de parler franglais telle une Mia Frye du pauvre? Non. Mais bien tenté.)

C'est le moment où on ouvre les yeux et où l'on se rend compte qu'on a juste gâché deux ans de sa vie à se ruiner la santé/le coeur/le mascara pour quelqu'un qui ne mérite pas tant d'amour. Et qu'on se dit "Next, next, next.".

next

 

A la suite de cette annonce fulgurante, je conçois parfaitement que vous dubitatiez quelque peu (du verbe "dubitater", premier groupe, c'est pas ma faute si vous connaissez rien OK?).

Mon frère, ce petit incroyant, dubitate, à tel point qu'on a parié de l'argent sur le retour prochain de ma Vitaa interne.Mes amis, ces petits incroyants, dubitatent. Le monde dubitate. (Le monde est incroyant.) Et je sens que vous-mêmes, OUI, vous qui me regardez d'un air d'autoroute en haussant les sourcils, vous dubitatez. (Vous êtes incroyants, tout pareil.)

Mais je vous le dis: ô joie, Celui-dont-on-ne-doit-plus-prononcer-le-nom a ENFIN réussi à me dégoûter de lui de façon irrémédiable, et c'est fini cette époque. FINI.

Finies les larmes. Finies les crises de nerfs. Finies les interprétations sans fin de textos à la con. Fini le suspens sentimental et les "Oui mais en fait là tu vois je sais pas trop trop ce que je ressens pour toi, on en reparle après mon cours de sculpture médiévale?". Finies les actualisations frénétiques de profil FB. Finis les "J'en peux plus c'est trop dur je veux juste me trancher la jugulaire avec un sécateur rouillé et me laisser mourir au fin fond d'un bidonville OK?" balancés avec moult chouineries au moindre ajout suspect de Fatou fâchée avec le bon goût/la langue française/les deux à la fois.

(Il convient à ce stade de se fendre d'une légère digression et de statuer DEFINITIVEMENT sur le fait qu'il n'existe aucune planète sur laquelle on peut porter une marinière + une écharpe léopard + des extensions crades à la Rihanna Traoré + du gloss à 1 euro 50 from Clignancourt ET mériter de vivre.)

J'écoute "The Boss" de Diana Ross & The Supremes en boucle, en mettant à contribution ma voix de crécelle et mon booty shake bien connus des aficionados du Macumba Club de Montceau-les-Mines, réalisant par la même des interprétations d'une qualité scénique incontestable, en vivant la chanson à fond, comme un hymne à la gloire de la femme de demain que je suis à présent.

Le truc bien c'est que les paroles n'ont juste rien à voir avec mon état mental: my homegirl Diana parle d'une histoire qui lui fait comprendre que malgré tous ses plans bien définis, l'amour l'a terrassée, bla bla bla, mais c'est pas grave,  on n'est pas binaires, on bootyshake, je suis maîtresse de ma destinée, je suis Barbara Gould, je mange des CBO et un jour je serai plus grosse que les sourcils de Raymond Domenech et je m'en fous je m'en fous je m'en fous de Big.

Ca me donne envie de prendre plein de bonnes résolutions, d'arrêter le Nutella en intraveineuse, de finir mes 150 pages de mémoire avant demain, de réviser pour le concours du barreau 14h par jour, de partir faire un trek en Amérique du Sud pour découvrir la vie trépidante des tortues naines de Patagonie, d'arrêter d'acheter des fringues de slut et de m'exclamer "Truc de ouf j'ai l'air d'une slut!", de continuer d'acheter des fringues de slut parce qu'après tout c'est ça qui est bon, de me mettre à la couture, à l'ésotérisme, à la méditation transcendantale, de dormir à 21h. Ca m'aiderait presque à me remettre du tragique départ de Ramon de la Nouvelle Star. (Presque, hein.)

C'est beau, quoi.

Pourvu que ça dure, mais pour une fois j'y crois, et ça fait un bien, saperlotte!

Mathilde, free like the river.

Listening:

"The boss" de Diana Ross & The Supremes (I WAAAS SOOO RIGHT!)