"Eternal Scrogneugneu Of The Neurotic Mind"

Une fille. Une vie haute en couleurs. L'écriture, comme une drogue. Ainsi naquit Sweet Sunshine!

23 novembre 2009

The Mr Big theory / Lettre à L.

(Je pense que cet article serait un peu plus hype si j'étais actuellement assise dans mon appartement de l'Upper East Side en fumant une cigarette et en buvant un verre de vin, vêtue d'une petite tenue d'intérieur sexy-classy-punchy.

Mais en vrai, je vous écris en duplex de la banlieue parisienne, et je porte mon désormais légendaire pyjama-djellaba rose-décoloré-à-capuche-pas-très-sexy-classy-punchy et j'écoute la BO de "New Moon" en buvant du Nesquik.

Oui ben c'est bon hein, faut bien vous débarrasser de vos illusions un jour.)

Il y a les one-shot qui resteront toujours un bon souvenir.

Ce grand blond aux yeux bleus et à l'air niais vêtu d'un polo Chevignon bleu ciel qui incarne votre fantasme ultime de fille qui a trop regardé la télé, et à qui vous roulez une pelle avant même de savoir son prénom parce qu'après tout, who cares? Ce canon à peine majeur que vous rencontrez lors d'un Nouvel An en Espagne, qui vous regarde comme un poulpe mort et vous répète que décidément "T'y es trop belleuh!" avec un accent des plus choupi.

Ces mecs que vos copines vous ressortent quand vous jouez les innocentes, à base de "Mais c'est çaaaaaaaaa espèce de slut tu veux qu'on reparle de Mickaël le marseillais ou pas? Tu veux qu'on ressorte les photos ou pas?", et surtout quand vous vous sentez moche et dégueulasse et que vous avez besoin qu'on vous rappelle que oui, vous aussi, vous pouvez être too sexy for your shirt.

Il y a ceux dont on a honte.

Ceux qui n'auraient jamais, JAMAIS eu la possibilité de vous approcher s'ils n'étaient pas arrivés au moment où votre desperate attitude atteignait son paroxysme. Ceux que vous n'auriez même pas regardés si votre crazy cat lady intérieure ne vous avait pas fait croire que oui, c'était une bonne idée de sortir avec ce mec qui vous arrive à l'épaule et vous donne rendez-vous à la gare du Nord.

Perso, j'en ai deux, mais considérez que l'ex honteux-dégueu, c'est comme un titre de "Mozart l'Opéra Rock" dans son iTunes: un, c'est déjà trop. Et ça mérite la pendaison.

Il y a ceux qui disparaissent.

Ceux avec qui vous êtes en trop mauvais termes pour maintenir ne serait-ce qu'une relation cordiale. Ceux qui commettent des crimes impardonnables, genre se taper votre soeur/grand-tante Fistule/chien (soyons open-minded) ou ne pas aimer "Big Bang Theory".

Ceux avec qui l'amitié est impossible parce que les sentiments sont/ont été trop forts. Et même si vous savez que c'est mieux comme ça, ils vous manqueront toujours.

Il y a ceux qui deviennent des amis.

Ceux que vous appréciez sincèrement MEME quand votre jugement n'est plus faussé par des paramètres extérieurs, au hasard le fait de coucher avec.

Ceux que vous êtes toujours heureuses de voir, ceux qui compatissent à vos drames avec leurs successeurs, ceux avec qui vous vous permettez d'être un peu possessive de temps en temps parce qu'après tout, vous êtes un peu une connasse et tant qu'à faire autant faire morfler votre remplaçante, c'est bon quoi c'est de bonne guerre vous le valez bien.

Et il y a Mr Big.

Mr Big, c'est ce mec qui est toujours un peu là sans jamais l'être vraiment. Qui s'enfuit, qui revient, qui se maque avec une autre, qui hésite, qui joue, qui s'enfuit encore, et puis vous revient quand vous pensiez l'avoir perdu, et puis s'en va encore une fois, etc.

Ce mec qui vous a brisée, et que tous vos amis aimeraient émasculer tant il vous a fait de peine, mais pour qui vous leur dites "merde" sans hésiter. (Oui, vous êtes conne.)

Cet enfoiré dont l'arrogance vous séduit, dont les défauts vous attendrissent.

Ce mec qui tient à vous, d'une façon tordue et incompréhensible qui vous suffit, parce que grâce à lui vous vous sentez vivante.

Ce mec que vous devriez oublier et qui n'est pas fait pour vous, mais qui est une partie de vous.

Parce que tu es la corde à mon arc, parce que tu es la corde à mon cou.

Mathilde, en plein Zsa zsa zsu.

Copie_de_Sex_And_The_City

Listening:

"A white demon love song" des Killers

(Parce que c'est une merveille, tout simplement.)

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05 août 2009

De la schizophrénie ordinaire.

Copie_de_18

Conversation MSN d'un après-midi d'été...

N dit (parlant de son ex) : Bon là il a l'air d'avoir juste 15 ans, il a changé depuis!
Mathilde dit : Ca ne me choque pas, tu parles à quelqu'un qui dort avec une parure de draps roses Schtroumpfette qu'elle a depuis ses six ans et un coussin High School Musical...
N dit : Non mais lui aussi a un mec, pffffff et re-pffff... Oh m'en fous je le baiserai quand même... Désolé je suis super vulgaire ces temps-ci.
Mathilde dit : Encore une fois ça ne me choque pas, tu parles à quelqu'un qui est accro aux mecs à partir du moment où ils lui disent des trucs crus pendant l'amour...
Mathilde dit : Heu...
Mathilde dit : Compatibilité de ma dernière phrase avec les draps Schtroumpfette...?

Hum. Certes.

Mathilde Jekyll et Mathilde Hyde.

Listening:

"Work" de Ciara et Missy Eliott
"Heavy cross" 
de Gossip

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29 avril 2009

"Over dreams, I have picked out a perfect come true..."

Entendu lors d'un dîner avec L, mon - nouvellement - ami et plus ou moins ex,

- qui est grand, beau, avec des yeux d'une couleur inconnue au bataillon devant lesquels j'ai eu beaucoup de mal à cesser de me liquéfier
- qui est intelligent, cultivé, ambitieux, drôle et gentil (pour peu qu'on ne tente pas d'envahir son espace vital en ayant l'outrecuidance de faire des trucs comme lui dire au bout d'un mois qu'on est contente de le connaître, faut quand même pas déconner)
-qui est à ce jour l'homme que j'ai le plus aimé et le seul dont je me sois dit en le pensant réellement que je l'aimerais toute ma vie
- qui a le don de m'énerver et ne rentre absolument pas dans mon jeu de névrosée ("Ah ben OK, tu penses que notre relation vaut pas la peine que je me prenne la tête? Ben on arrête alors!", "Si tu veux.", "Non ben en fait non.")
- qui traîne un lourd passé d'handicapé émotionnel sévère, d'ailleurs à ce stade on parlerait plus de paraplégie émotionnelle en fait:

"C'est cool, ma copine commence à bosser à temps plein l'an prochain, ça va nous permettre d'épargner.".

Le tout en passant sur ce charmant pont St Michel illuminé par le soleil couchant, pont dont j'ai bien failli me jeter en entendant ça dans la bouche d'un mec autrefois surnommé Valmont par ses potes.

Comme quoi, y a jamais de vrais connards, juste des filles qui sont capables de les changer en devenant The One. Ou pas.

VDM.

Mathilde, qui n'est pas l'exception mais la règle.

Copie_de_85841684

Listening :

"A song for you" de Donny Hathaway (impossible de trouver la version originale sur YouTube, alors tant qu'à faire je vous remets la magnifique reprise de Lary, mon chouchou de la Nouvelle Star saison 7)
"15 step" de Radiohead

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29 mars 2009

Oui ben pourquoi pas hein.

Gens,

Fendons-nous tous ensemble d'un LOL dominical.

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"Je pense que tu es trop attachée à moi en fait, je sens un décalage dans notre relation. Tu es une fille géniale, mais j'y arrive pas, va savoir pourquoi. Vaut mieux qu'on se sépare. Mais par contre j'aimerais bien que tu attendes un peu avant de sortir avec un autre mec, ça me ferait de la peine que tu trouves quelqu'un tout de suite. Ca te dérange pas?"

"Ah mais je t'ai pas dit que j'avais déjà une copine quand on s'est connus? Ben tu le sais maintenant! Pourquoi tu le prends mal? T'abuses un peu non? Vous les filles, vous êtes d'un binaire! Je peux très bien avoir des sentiments pour vous deux et ne vouloir en perdre aucune, non?"

"Comment ça, tu estimes qu'après trois ans passés ensemble, certes en dents de scie mais quand même, tu es en droit d'attendre de moi que je te donne de mes nouvelles de temps en temps au lieu de décider du jour au lendemain que je ne t'adresserai plus jamais la parole? M'enfin, est-ce qu'on est sortis ensemble toi et moi, d'abord? On sait très bien pourquoi ça a duré aussi longtemps hein... Non non je t'aimais pas non. C'est pour ça que je veux plus te parler ni te voir tu comprends, oui oui, parce que tu m'es indifférente. Tellement indifférente que je ne peux plus supporter ta présence. Mais je t'aimais pas à part ça, et j'ai aucune rancoeur envers toi. D'ABORD."

"Mais non, j'avais pas du tout remarqué que notre relation était ambigüe!!! Je veux dire, ça fait un mois que tu me regardes comme un poulpe mort et que moi je te fais allusion sur allusion, mais je l'avais vraiment pas vu venir tu sais! Mais pas du tout! MAIS ABSOLUMENT PAS! Mais non je me fous pas de toi!"

Est-ce que je suis la seule à me demander ce qui est arrivé au bon vieux "C'est pas toi, c'est moi." ?

Mathilde, la fille qui avait visiblement un don pour bien choisir.

Listening :

"One 2 3 four" de Martin Solveig
"Not fair" et "He wasn't there" de Lily Allen

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29 novembre 2008

Dans "Love Actually", personne n'a besoin de faire des crêpes, ni quoi que ce soit d'ailleurs, pour être happy ever after. NON.

Ca va cinq minutes hein.

"Hééé, viens on se voit et je te fais des crêpes! Et puis ensuite je te fais une pipe un consommé de thon à la catalane avec de la purée, servie avec sa petite sauce hype, comme dans "Un dîner presque parfait"! Hi hi hi!!! Ce serait trop bien! Kikou! C'est quand tu veux, tu me préviens et je réserve une chambre et je fais ma pâte à crêpes! Avec du Nutella parce qu'il en faut de l'énergie pour être un enfant et devenir grand et fort!!! Ah mais tu l'es déjà, grand et fort! Et même que t'es CRO BEAU!!! C'est bien pour ça que j'ai envie de te faire des crêpes! Alors on se voit pour que tu manges mes crêpes? CRO BIEN!!!"

Je t'en foutrais de la pâte à crêpes, espèce de lqndidbfje.

Moi je fais des crêpes affreuses. La dernière fois que j'en ai fait, parce que oui, à MOI AUSSI ça m'arrive de faire la cuisine, ça a failli être le drame et Céline a du m'arracher les objets du crime des mains, de justesse. ET ALORS???

Moi j'ai un McDo à deux pas de chez moi d'abord. Et je fais des super pâtes aussi. Avec des cubes Maggi et tout. Comme mon héroine de maman confrontée à sa pas bonne à marier de fille ma maman me l'a appris. BEN OUAIS.

JE FAIS PEUT-ETRE PAS DE CREPES, et c'est sûr que je suis bourrée de névroses, langue de vipère, immature, hystérique, et tutti quanti. Mais moi j'ai un ventre dans lequel il y a des putain de papillons qui dansent la cucaracha. Et j'en fais quoi, si tu fausses le débat avec tes foutues crêpes, et ton équilibre apparent, et ta gentille proposition sans doute dénuée de toute arrière-pensée (suis rageuse, mais sais faire preuve d'honnêteté intellectuelle) ? Je fais quoi, si je suis assez folle pour envisager - toujours sans la moindre raison admissible par un esprit normalement constitué - de te cramer les yeux au fer à souder?

J'aime pas les crêpes de toute façon.

Et pourtant j'en mangerais ad vitam eternam s'il le fallait. Mais ça on s'en fout hein. Surtout lui d'ailleurs. Rien à battre que je mange des crêpes, des champignons ou même des trucs dégoûtants aux haricots rouges avec un grand sourire prétendument convaincu.

Les gens sont d'un réducteur.

blair5

Mathilde, qui est toujours psychopathe et le vit toujours bien.

Listening :

"Waiting for a girl like you" de Foreigner
"Kids" de MGMT

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11 novembre 2008

"Non mais tu saiiiis, ça vient quand on s'y attend paaas quoiiii..."

Ca a commencé cet été.

De petits phénomènes isolés. Un "Bidule et Bidulette are now in a relationship." par ci, un "Heu tu vois ça fait deux jours et demi qu'on est ensemble mais il m'a déjà dit que j'étais la femme de sa vie!" par là, un "Ah désolée je peux pas te voir ce soir, ni demain, peut-être en 2075, tu notes? Non je peux pas non plus rester au téléphone avec toi je suis chez Machin, tu me rappelles? Oui, en 2075 aussi oui!" en passant et un dernier "Hi hi hi je ne regarde plus aucun autre homme depuis que Truc et moi on gambade en sautillant dans les rues hi hi hi." pour la route.

Puis il fallut se rendre à l'évidence: pour toutes les amies de la Drama Queen-en-chef, qui se prenait un peu pour Alain Delon en parlant d'elle à la troisième personne, love was in the air. Le vrai, le miraculeux, le mielleux. Celui qui a le don de vous émerveiller tout en vous rendant légèrement envieuse.

Pour finir, la cause des Drama Queens perdit le Pou. Le Pou saura de quoi je parle. OUI, TU SAURAS.

(Interlude dramatique où on pointe le Pou du doigt en disant "We know what you did last september." Parce qu'on est limite plus heureuse pour elle qu'elle, mais qu'on se moque quand même, sinon c'est pas drôle.)

Au début, la Drama Queen-en-chef se dit "Niak niak niak." et continua de mener sa vie de jeune catin dégénérée.

Et puis au bout d'un moment, elle s'aperçut qu'elle ne trompait personne avec son cynisme feint. Qu'elle aussi avait envie de devenir niaise. De pouvoir snober le monde d'un "Désolée je m'en fous de ta vie là hi hi hi, Machinou et moi on est trop occupés à se regarder dans le blanc des yeux en faisant "Hi hi hi!".". De pouvoir dire d'un ton mortellement chiant: "Oui, ça va toujours bien avec Machinou. Oui, ça a fait 73 ans hier." De ne plus être celle qu'on fait passer en second, mais d'être celle pour laquelle on fait passer ses amis en second.

Pire, elle se rendit compte que sa vie n'avait même plus la dose de drama nécessaire pour qu'elle conserve son titre, et qu'elle n'était même plus une Drama Queen. Juste une vieille fille, à 20 ans à peine. Si c'est pas tristou.

(Si, c'est tristou. On ne se moque point.)

La transformation s'acheva le funeste jour où elle se rendit compte que d'une semaine sur l'autre, aucun évènement du genre "Ah je t'ai pas dit que j'avais malencontreusement revu Machin? Non mais oui je sais je t'avais dit que c'était fini mais en fait non, mais en fait si." ne lui arrivait plus. Où elle se rendit compte que ses amis arrivaient à SUIVRE sa vie.

Où elle se rendit compte qu'elle faisait tellement pitié que ses amies lui offraient "La célib' attitude des paresseuses" pour la dérider un peu. Et qu'elle faisait surtout tellement pitié qu'elle le LISAIT. Pour y apprendre des trucs aussi pertinents que "N'hésitez pas à crier au monde que vous êtes célibataires et à la recherche de l'amour, y a forcément un ami d'ami, un cousin de cousin, un illustre inconnu ou un dogue allemand qui voudra bien de vous! C'est ça la positive attitude! Youhouuu!".

Où elle se rendit compte que même ses ex compatissaient à sa douleur, certes à leur façon ("Non mais tu sais le jour où un mec tombera vraiment amoureux de toi ça changera sa vie et la tienne, regarde moi et Machinette!"), mais quand même.

Ce qui la déprima quelque peu, c'est le moins que l'on puisse dire.

Et soudain, un beau jour, elle se dit: "Stop, trop VNR quoi, trop de rébellion, solide comme un wok. Je relativise, j'emmerde le monde, et je fais ma femme Barbara Gould.".

Et tout de suite, tout alla beaucoup mieux.

Elle se consacra à fond à son master de droit social, et se rendit compte qu'elle avait réellement trouvé sa voie et que ce qu'elle faisait l'épanouissait. Elle se fit de nouveaux amis géniaux, profita encore plus des anciens. Elle but trop de mojitos et se goinfra de Toblerone.

Et elle se dit que, drama ou pas, le drama queen lifestyle était un état d'esprit, et que sa spinster attitude du moment lui permettrait au moins de se préparer psychologiquement au prochain "AAAAH MAIS TU SAIS PAS QUOIIIII!" d'envergure qui lui tomberait dessus, ou mieux, à la prochaine grande-histoire-d'amour-niaiseuse qui l'attendait.

Et que sa vie était tout simplement belle.

Ben ouais, sur Sweet Sunshine, on vous fait des sagas du 11 novembre dotées de morales encore plus percutantes qu'un téléfilm de M6.

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Mathilde, qui vous kiss, qui vous peace, qui vous love, qui vous flex, parce qu'après vous avoir snobés aussi longtemps je peux bien me permettre un brin de familiarité.

Listening :

"Can I have this dance" de Zac Efron & Vanessa Hudgens, extrait d' "High School Musical 3".

Vous pensiez VRAIMENT y échapper?

Posté par Mathilde M à 11:29 - DJ play a love song - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 août 2008

The rehab tales.

Ce qu’il y a de bien lorsqu’on est pathologiquement monomaniaque (les mauvaises langues diraient "détraquée"), c’est que l’espèce de rêverie vaguement mélancolique qui s’ensuit trouve toujours matière à s’exprimer. Que l’on regarde la pluie tomber sur Paris ou que l’on découvre la Californie et son ciel sans nuages à bord d’une Mini Cooper.

Parce que quitte à se dire que les quais de Seine ou l’île St Louis feraient un bien joli background pour une histoire (re)naissante, autant pousser l’art de la pensée stérile jusqu’aux parcs ensoleillés de Sacramento.

On se retrouve donc à passer une journée de vacances devant "Sex & The City", la série qu’on est sans doute la seule nana au monde à n’avoir pas suivie, et qu’on regarde des années après histoire de se sentir true rebelz, fuck la société quoi trop VNR quoi. Saison 2. Carrie vient de se remettre avec Mr Big, et n’ose pas le dire à ses amies, pleinement consciente de faire une erreur. Finalement, elles l’apprennent, lui font la leçon, et Carrie les envoie paître, avant de se jeter un peu plus dans la gueule du loup.

On la trouve conne, cette Carrie. On se dit qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut, qu’elle pourrait se raisonner un chouïa et arrêter de faire sa Vitaa. Qu’à ce stade il ne lui reste plus qu’à sortir sa doudoune à col en fausse fourrure et à crier "Je ne l’aime pas comme toiiiiiiii…". Et puis on se dit qu’on ne vaut pas mieux qu’elle, qu’on a déjà agi exactement comme elle, et que, si on se soigne depuis peu, on est à peu près aussi fiable en matière de rehab qu’une certaine Amy W.

Alors on sourit, en se disant qu’on n’a pas de Miranda cynique, ni de Charlotte rêveuse, et encore moins de Samantha mangeuse d’hommes dans son entourage, mais qu’on a une Aïssatou. Une meilleure amie qui nous aime assez pour nous accompagner lorsqu’on décide de jeter notre doudoune de Vitaa symbolique (oui, on en a une, mais l’audience est priée de faire comme si cette révélation subreptice était passée inaperçue), nous tenir les mouchoirs lors des épisodes 1, 2, 76 puis 269 de "Mathilde et ******, ce vaste sketch" et comprendre qu’on ait besoin d’elle au point de lui en vouloir pour des conneries, par peur de la perdre.

On se dit aussi qu’on a une Vanessa, qui est certes une vaste pouffiasse sans aucun intérêt, mais qui réalise chaque jour l’exploit de ne pas se suicider quand on lui dit, les larmes aux yeux, des choses aussi profondes que "Tu sais, je l’aime tellement que s’il est heureux, même avec quelqu’un d’autre, ben moi ça me va…", de nous soutenir même quand on la fatigue à force de faire l’idiote et de nous faire rire quand personne d’autre n’en est capable.

On pense aussi à Fred, son alter ego, à Lauriane, qui nous supporte au quotidien avec patience et abnégation, et à toutes les autres personnes qui ont été, sont et seront encore présentes pour nous.

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Et on décide d’écrire un article pourri, larmoyant et plein de sentimentalisme à deux francs sur son blog. On se dit qu’on décevra peut-être les gens qu’on a l’habitude de faire rire, d’autant plus qu’on abandonne un peu son blog ces dernières semaines, mais on se dit aussi qu’on s’en tape et qu’on ne doit rien à personne. On se dit qu’on a bien le droit de la jouer séquence émotion et que Marc Lévy est en nous. On spolie un peu l’audience, mais on n’est pas fiable, la vie c’est la jungle, dans la vie poupey faut se battre pour y arrivey et ne gardey que les vrais.

Aujourd’hui, comme tous les jours depuis bientôt six mois, je me réveille avec un seul prénom en tête.

Et comme tous les jours, je me réveille en me disant que j’ai la chance d’avoir près de moi des amis que je ne mérite pas, certes, mais que j’aime, tout simplement.

Mathilde, en pleine rehab, épisode 289.

Listening :

"Warwick Avenue" de Duffy
"With you" de Chris Brown
"Tie my hands" de Lil Wayne et Robin Thicke

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13 juillet 2008

"Plus loin que dans mes rêves..."

A l'époque de la génération des filles blasées et des mecs tout aussi blasés, il arrive parfois que l'on rencontre un Prince Charmant, un vrai, qui vous fait perdre tous vos moyens et le peu de santé mentale qui vous reste.

Un homme que vous n'aimez pas parce qu'il est beau, intelligent, drôle, etc, mais que vous aimez sans savoir pourquoi, juste parce que c'est comme ça.

Un homme qui vous rend tellement dingue que vous vous reconnaissez dans la citation d'une certaine Carrie B: "And then, it wasn't logical. It was love.".

Et quand vous retrouvez cette vidéo, extraite de l'un de vos dessins animés préférés, vous atteignez des sommets de niaiserie encore insoupçonnés en vous extasiant devant les aventures d'Arthur et Juliette, les deux héros du film "Le Cygne et la Princesse".

Phase 1: La rencontre

Il vous emporte avant même d'avoir ouvert la bouche, et il vous séduit encore plus une fois qu'il l'a fait. C'est ce que ma copine Lucette et moi appelons la "So close attitude" (cf "Il était une fois" et la magnifique chanson sur laquelle dansent Giselle et Robert à la fin du film), ce moment où vous vous dites que c'est LUI. Oui, LUI.

Vous êtes ridicule, vous le savez, mais qu'est-ce que c'est bon...

Phase 2: L'installation du Prince Charmant dans votre vie quotidienne

Vous racontez la rencontre avec Prince Charmant à vos amis. Vous jouez les blasées, mais vous êtes à peu près aussi douée pour le mensonge qu'Eve Angeli pour les équations, et à peu près aussi transparente qu'un T-shirt de Paris Hilton. Vos amis sont formidables et vous aiment; résultat, ils s'inquiètent pour vous, et vous disent donc de vous protéger.

Enervée qu'ils osent vous suggérer de ne pas publier les bans tout de suite, vous hochez la tête d'un air prétendument équilibré en leur disant "Non mais oui bla bla bla prendre mon temps bla bla bla femme Barbara Gould bla bla bla de toute façon l'amour c'est tellement surfait bla bla bla prudence est mère de sûreté, être gentil c'est bien, les insectes sont nos amis, il faut les aimer aussi.". Intérieurement, vous vous dites que vous les emmerdez. Ils rigoleront moins quand ils seront obligés de faire un discours pour votre mariage avec Prince Charmant.

Phase 3: La constatation du vice caché (une petite blague de juriste pour la route, youhou!)

L'arnaque est révelée.

A la fin du "Cygne et la Princesse", après moult et moult mésaventures, Arthur et Juliette finissent par se retrouver, se marient, ont beaucoup d'enfants et vivent happily ever after. C'est touchant.

Sauf que votre Prince Charmant à vous, au lieu de vous sauver d'un affreux-méchant-vilain et de vous épouser comme prévu, vous dit "Heu ben tu vois en fait je sais pas hein bla bla bla pas envie de m'engager bla bla bla mais c'est pas pour autant qu'il faut qu'on s'attache et qu'on s'empoisonne avec une flèche qui nous illusionne bla bla bla mais tu vois c'est parce qu'aujourd'hui j'ai mis mes chaussettes bleues et c'est bien connu on ne peut pas s'engager avec quelqu'un quand on porte des chaussettes bleues et en plus il pleut, attendons demain, ou l'an 2067.". Et bien entendu, il finit par vous abandonner à votre Leona Lewis attitude, en vous disant "Ne m'en veux pas tu vois bla bla bla bla c'est parce qu'Estelle Denis n'a pas encore dit oui à Domenech et ça me stresse, en plus l'autre jour tu m'as dit que mon pull m'allait bien et je suis super mal à l'aise quand on me fait des déclarations pareilles.".

Phase 4: La rehab

Le Prince Charmant n'a plus de prénom, mais devient subitement "ce connard de ****". Il peut jouer des castagnettes, s'exiler à Honolulu ou devenir dresseur de crabes: il a toujours tout faux. Petit exemple simple: il vous donne des nouvelles? Vous lui en voulez d'OSER vous parler comme si de rien n'était. Il ne vous en donne pas? Vous lui en voulez d'OSER vous snober de la sorte. Vous le détestez, tout simplement.

Vous déprimez au moindre truc qui pourrait avoir un rapport avec lui: "Non mais l'autre jour je suis passée près du métro Machin qui est à côté du métro Trucmuche et figure-toi que la soeur de ce connard de **** habite justement métro Trucmuche alors ça m'a fait penser à lui BOUHOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU.". Vous écoutez des chansons déprimantes à longueur de temps, et vous vous reconnaissez vachement dans la souffrance de l'interprète. Même si la chanson parle de parapente dans les Landes, vous chouinez quand même parce que "Les Landes c'est en France et il habite en France alors je pense à lui BOUHOUUUUUUUUUUUUUUU...".

Vous êtes insupportable en fait. C'est le mot.

Phase 5: La guérison

Vous réussissez à avancer et rencontrez un autre Prince Charmant qui vous rend heureuse. Vous sortez avec un Prince un peu moins Charmant, mais qui vous rend heureuse. Vous restez toute seule, et ça vous rend heureuse.

Ou pas.

C'est chiant, la phase 5.

Mathilde, cette niaise. Qui a dit que c'était un pléonasme?

Listening:

J'adore "Le Cygne et la Princesse", mais revenons aux classiques Disney...

"L'amour nous guidera" (le Roi Lion 2) et "Sentimentale" (Hercule), les cultissimes trop peu connues
"Histoire éternelle" (La Belle et la Bête) et "Ce rêve bleu" (Aladdin), les cultissimes simplement cultissimes

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22 juin 2008

Juste un caprice.

Il y a des moments où je ne suis vraiment pas drôle comme fille.

Des moments où j'abandonne le second degré, le recul et l'ironie que j'affectionne, et où la Mathilde rêveuse, légèrement niaise et prête à croire aux contes de fées ressurgit. Des moments où les petits jeux et les "Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis." - que je pratique depuis tellement longtemps qu'ils sont presque devenus un art de vivre - me fatiguent. Des moments où j'arrête d'être le stéréotype de la drama queen vingtenaire et sarcastique, qui collectionne les boulets comme d'autres les paires de chaussures (ou les boîtes de conserve, ou les cornes de bouc, j'en sais rien moi, je ne suis pas sectaire) et est la première à en rire avec ses copines autour d'un verre (ou d'un totem Inca ou d'une station Vélib, ne soyez pas fermés d'esprit).

Et je me demande pourquoi tout est si compliqué. Pourquoi il ne se passe pas une semaine sans que l'une ou l'autre de mes amies ne m'appelle, déprimée, pour me raconter la dernière crasse qu'un mec quelconque lui a faite, pas une semaine sans que j'hallucine en se demandant ce qui leur passe par la tête, et pourquoi j'en arrive à considérer un mec qui a fait une jolie déclaration d'amour à une autre de mes amies comme une espèce d'OVNI auquel il faudrait décerner un prix, tant il remonte le niveau global de ses semblables. Pourquoi je commence (déjà) à être blasée.

Dans ces moments-là, il m'arrive de repenser à cette parenthèse, vécue il y a maintenant un an, à cette histoire un peu surréaliste, fugace, que j'ai vécue intensément, en sachant très bien qu'elle ne mènerait à rien. Ce n'était pas ce que je recherchais de toute façon. J'ai toujours su à quoi m'en tenir, et j'ai eu la présence d'esprit de ne pas voir dans cette histoire plus qu'une espèce de folie douce, qui finirait par lasser l'un d'entre nous et ne pouvait raisonnablement pas durer, même s'il y a eu des instants où je me disais "Et si...".

J'avais juste envie d'une part d'irrationnel, juste envie de m'échapper, juste envie d'arrêter d'être la Mathilde que tout le monde connaît, juste envie d'être une autre, qui fait également partie de moi, mais qui ne se manifeste que rarement, parce que tout le monde s'attend à ce que je sois rigolote, joyeuse, enthousiaste, comme une petite fille un peu fofolle. Juste envie de voir ce dont la femme en moi était capable.

Juste envie d'arrêter de me forcer à être raisonnable, et de me laisser porter.

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Je repense à ces mots dans ma boîte mail, plusieurs fois par semaine, tellement jolis qu'ils m'ont souvent prise de court et laissée sans voix, ces mots qui n'appartiennent qu'à nous et m'ont, en un sens, révélée à moi-même. A ces soirs où je rentrais chez moi avec cette grosse chaleur dans le ventre à l'idée de te lire. A cette présence. A toi, qui seras peut-être le seul à comprendre cet article qui t'est destiné, et qui seras sans doute le seul à ne pas l'interpréter de travers en y voyant une quelconque déclaration.

Et lorsque je repense à toi, cette part de rêve et d'absolu que tu m'as apportée me fait sourire, toujours.

Alors j'ai juste envie de te dire merci.

Mathilde, qui n'est décidément pas en mode KIKOU LOL MDR PTDR IN THE CLUB SO FUNNY OF THE SKY ces temps-ci, et qui a envie de vous demander ce que fait la police de la ligne éditoriale.

Listening:

"The little things" de Colbie Caillat, parce que c'est l'une des plus jolies chansons que j'aie entendues depuis longtemps.

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13 juin 2008

Zsa zsa zsu.

"Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire,
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer,
S'y jeter à mourir tous les désespérés,
Tes yeux sont si profonds que j'en perds la mémoire."

Parce qu'Aragon le dit mieux que moi.

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Posté par Mathilde M à 19:58 - DJ play a love song - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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