Welcome to the real world.
J'aimerais bien.
Etre tiède. Pondérée. Equilibrée.
J'aimerais bien.
Faire parfois des concessions à la vérité. Pour ne pas assumer. Pour ne pas blesser. Je l'ai déjà fait. Et je me demande pourquoi, depuis quelque temps, ça me semble si difficile. Pourquoi je n'arrive pas à admettre l'hypocrisie fondamentale cachée au fond de chacun de nous, et même de ceux qu'on aime. J'aimerais bien accepter les "Il paraît que Mathilde..." ou les "Je pense que Mathilde..." destinés à d'autres personnes que Mathilde. Je me demande pourquoi je me sens si touchée par le moindre mensonge, alors que je n'ai pas toujours le monopole de la franchise et qu'il m'est à moi aussi arrivé de sourire et de poignarder dans le dos, sans forcément penser à mal. Et je me demande pourquoi je suis capable de remettre en cause, de rejeter en bloc, avec une intransigeance qui ne me ressemble pas, et ce au nom d'une sacro-sainte sincérité.
J'aimerais bien.
Etre une femme Barbara Gould: digne, inacessible, forte, mystérieuse, calme. Etre insensible. Ne pas vivre les choses à fond. Ne pas voir dans une ébauche de relation la possibilité de quelque chose de fort, sans pour autant que cela soit synonyme d'un engagement synallagmatique à vie sans possibilité de se rétracter, sans pour autant que cela soit la première étape du pack "3 gosses, un break, une maison dans le 92". Je me demande pourquoi, pourquoi je n'admets pas la tiédeur. Pourquoi je suis une adepte du "Tout ou rien.". Pourquoi je ne conçois pas qu'on puisse se donner à moitié, même si c'est pour peu de temps, sans forcément tomber amoureux, juste pour se donner une chance de le devenir, ou pas, juste histoire de ne rien regretter. Pourquoi je ne suis pas du genre à prendre sereinement les: "Attends t'as quand même pas cru que j'allais perdre mon temps à t'accorder de l'attention, t'as cru que c'était la Schtroumpf Party ou bien?! On est pas dans "One Tree Hill" ici, welcome to the real world. Je suis l'homme moderne et non seulement je ne veux pas me poser, mais en plus je ne t'estime même pas assez pour ne pas me poser. Tout ce que je veux, c'est être juste assez présent dans ta vie pour ne pas que tu m'oublies, te convaincre de ta nullité et te faire pleurer devant les couples heureux. Ah, et te briser le coeur aussi. Ai-je pensé à te signifier que tu étais une grosse merde? J'assume, range-moi donc cette corde et revoyons-nous en 2074, si j'ai le temps.".
Peut-être que je me sentirais moins seule.
Mathilde, qui se demande si la bonne résolution à prendre en ce début de printemps ne serait pas de renoncer à des idéaux dépassés tels que l'amitié ou l'amour. Qui est désolée de vous imposer un article si opposé au ton habituel de ce blog. Et qui vous promet qu'elle redeviendra joyeuse et idiote comme à son habitude au prochain épisode.
Listening:
"Wake up in New York" de Craig Armstrong
