"Eternal Scrogneugneu Of The Neurotic Mind"

Une fille. Une vie haute en couleurs. L'écriture, comme une drogue. Ainsi naquit Sweet Sunshine!

23 mai 2009

Le cas du mec surfait.

Exemple typique (oui, aujourd'hui j'attaque directement, sans préavis ni vaseline, et en plus je suis vulgaire) : vous entendez une chanson. Vous savez que c'est de la merde, que ça va marcher parce que c'est de la merde, et vous n'en pouvez déjà plus.

Deux mois plus tard, battage médiatique oblige, au moindre "Watch me crank that Soulja Boy den Superman dat hooo", vous rétorquez gaiement "Now watch me yoooooooou!", choré incluse, et ce où que vous soyez. Et vous savez que, jusqu'à la fin de votre vie, vous sourirez en vous remémorant les innombrables soirées où vous avez beuglé "C'est pour la petite bourgeoisiiiiiiiie qui boiiiiiit du champaaaaaaagne" dans des circonstances plus ou moins dignes.

Exemple n°2: lors d'une soirée Nouvelle Star avec vos copines, vous entendez un son discordant qui vous torture les oreilles trois looongues minutes durant. Vous vous crispez, vous avez honte pour l'émetteur du son en question, vous voudriez juste qu'il se taise.

Sauf que l'émetteur du son en question est un grand blondinet aux yeux bleus au sourire Colgate et à l'air niais. Donc, vous faites "HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII YOAAAAAAAAAAANN HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII HIIIIIIIIIIIIIIIII HIIIIIIIIIIIIIIIII.", et vous vous révoltez avec toute la mauvaise foi du monde lorsque le Yoann en question récolte quatre rouges d'un jury outré.

Vous situez?

Bon.

- Bonjour, je m'appelle Mathilde.
- Bonjour Mathilde.
- J'ai un problème de non-constructivité radicale, que j'ai érigée en mode de vie.

Parmi les nombreuses manifestations de ma non-constructivité, mon amour pour le mec surfait se détache très nettement. Après la Vitaa et la femme Barbara Gould, le surfait mérite bien d'être la star de ce nouvel opus de "Place des Clichés".

Le look du mec surfait

Le mec surfait est, comme son nom l'indique, complètement surfait. C'est-à-dire qu'au-delà de son look, tout son être respire cet état de fait. Le mec surfait est donc parfaitement conforme au cliché du grand brun ténébreux, du minet blond, etc, selon vos préférences. Il a le cheveu savamment pseudo-décoiffé, la dent blanche et brillante (une petite étoile apparaît d'ailleurs à côté de sa bouche à chaque fois qu'il sourit), les traits réguliers et sans défaut.

Le problème du mec surfait, c'est que tout lui va. S'il est habillé de façon soignée et élégante, vous vous liquéfiez en le regardant et vous n'avez qu'une envie, le déshabiller contre un mur. S'il porte de vieilles fringues pourries, vous le trouvez attendrissant, attachant, vous le trouveriez même un peu moins surfait grâce à tout ce naturel, et vous n'avez qu'une envie, le déshabiller contre un mur.

Le mec surfait est donc, par essence, un mec dangereux pour vos hormones, d'autant plus que vous êtes consciente de sa surfaititude et que vous craquez quand même.

L'attitude du mec surfait

La surfaititude, c'est tout un art. Un art dont le mec surfait maîtrise toutes les nuances, toutes les circonvolutions et tous les détours. Raisonnons par le biais d'exemples concrets.

Le mec surfait, c'est ce mec que vous voyez tous les jours à la bibliothèque et qui a un faux air d'Edward Cullen. Tel un Chuck Bass, il a les yeux plissés en permanence, est toujours seul, et a l'air perdu et classe même quand il mange un immonde sandwich de chez Subway devant le Panthéon. Après son repas, il fait une petite pause avant de retourner bosser, et s'adosse donc contre un mur, une jambe repliée contre le mur susmentionné, avec son I-Pod dans les oreilles et les mains dans les poches. Vous SAVEZ qu'il est ridicule. Et pourtant, c'est plus fort que vous, vous fondez, et l'hystérie s'empare de vous: "Oh regarde, Edward Cullen écoute son I-Pod, DINGUE!".

Le mec surfait, c'est ce serveur que vous rencontrez en allant réserver un bar pour le bal de promo que vous organisez pour les gens de votre master (OUI, je l'ai fait, OUI, et ça promet d'être grand, vous raconterai). Il a les cheveux longs, un T-shirt moulant de 2 Be 3, parle à voix basse et, lorsque vous lui posez une question, vous répond "Attends, je finis de servir ce verre de vin rosé!" en secouant lascivement ses cheveux. Même sa façon de tourner les pages de son agenda est une invitation à la débauche. Au lieu de vous foutre de lui, vous bafouillez, minaudez, et la surfaititude a accompli son oeuvre de destruction.

La vie amoureuse du mec surfait

Ne cherchez pas, vous ne l'aurez jamais. L'inaccessibilité fait partie du personnage.

Le mec surfait aime

Des trucs de mec surfait, genre fumer d'un air mélancolique à la terrasse d'un café, jouer de la guitare, cultiver son éternelle barbe de trois jours, assortir son pull bleu à ses yeux bleus ou son pull rouge à sa peau mate et faire comme s'il ne s'apercevait pas de l'effet qu'il fait, INCARNER LE MAL ET LA TENTATION.

Les citations du mec surfait

N'importe quelle phrase commençant par "Ouaiiiiiiiis tu voiiiiiiiiis...", prononcée d'un air langoureux et torturé en se passant une main dans les cheveux. N'importe quelle phrase rendant nécessaire l'utilisation d'une bassine.

En résumé, le mec surfait, c'est ce mec qu'on adore détester et dénigrer en disant qu'il n'a aucun charme, que c'est tellement facile, et qu'on préfère un mec un peu moins "tout ce que la fille lambda aime". C'est ce mec qu'on est fière de snober, ou mieux, d'avoir comme ami, parce qu'il nous donne l'impression d'être trop fortes, trop rebelles de la vie et trop au-dessus de ces basses considérations.

Jusqu'au soir où, au détour d'une soirée sur les quais de Seine, vous expérimentez la communion avec une bande de jeunes artistes aux cheveux longs autour d'un pique-nique improvisé, en vous disant que ces mecs sont somme toute charmants. En vous disant qu'il pourrait être bien de vous ouvrir à autre chose.

Avant de croiser un blond à Ray-Ban faussement décoiffé qui boit négligemment un verre de vin en observant le soleil se coucher.

A ce moment-là, vous réalisez que vous êtes irrécupérable et que vous feriez mieux de vivre dans un teen movie.

Mathilde, la quasi-irréductible.

Copie_de_Kellan_Lutz

Kellan Lutz, alias Emmett Cullen dans "Twilight". Je suis si faible.

Listening:

"Love story" de Taylor Swift (une chanson digne d'une vraie addict à la surfaititude!)

Posté par Mathilde M à 16:30 - Place des clichés - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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