Je sais, les poulets, je sais, vous aussi vous me manquez.

Mais arrêtez un peu d'être égoïstes, je vous signale que je suis hyper occupée à:

a) préparer le concours du barreau. Et là, j'ai envie de crier au scandale, au mensonge, à la spoliation, travailleurs travailleuses. Quand j'étais petite je voulais devenir avocate pour faire comme Perry Mason et crier "OBJECTION!" dans les prétoires californiens. Et puis ensuite je voulais être Ally McBeal, faire des chorés aux toilettes avec mes collègues, shooter dans des bébés imaginaires et avoir un grand amour tragique avec l'un des collèges susmentionnés.

ON M'A MENTI.

En vrai, préparer le barreau c'est refaire du foutu droit des obligations qui me faisait déjà chier il y a trois ans quand j'étais une jeune et débonnaire étudiante de deuxième année. C'est devenir folle, me réveiller toutes les demi-heures au cas où je serais en retard pour passer l'exam blanc n°91452556, me rendormir dans la culpabilité la plus totale, croiser des futures avocates plus belles et mieux habillées que moi, des mecs magnifiques qui s'en foutent de ma vie parce que je suis moche et obèse et que de toute façon ils travaillent, c'est rêver de procédure pénale, c'est pleurer quand je me tape un 9 en droit du travail alors que c'est censé être ma spécialité, c'est ne plus avoir de vie sociale, IT'S A TRAP.

b) écrire mon mémoire. J'ai omis de vous signaler que cette année j'avais quitté la Sorbonne pour faire mon M2 à Nanterre, et que j'y ai passé la meilleure année d'exactions et de dépendance émotionnelle avec mes camarades qui soit. Vous raconterai. Sauf que maintenant ben faut travailler. Et écrire mon mémoire, donc. DECES.

c) Bigiser à des degrés divers (je chouine, on est pseudo-friends, oui mais non, non mais si, on s'engueule, je chouine, ça s'arrange, lalilaloum), again and again. (Ne me regardez pas comme ça, je n'ai aucune parole mais je vous aime quand même. Vous expliquerai ça someday, quand je comprendrai ce qui se passe.)

Bref, les poulets. On digresse, on digresse, mais j'avais un concept à vous exposer.

La disponibilité.

Copie_de_1

Hier, j'ai acheté Cosmo. Et Cosmo m'a gentiment appris que, si vous souhaitiez trouver l'amour (je parle pour vous, pas pour moi, moi je suis trop en mode "destruction-adieu-m'en-fous-tomberai-plus-jamais-amoureuse-je-suis-Samantha-Jones-et-je-le-vis-bien"), il vous fallait MONTRER VOTRE DISPONIBILITE.

Ou la réponse à l'épineuse question: "Quels signaux envoyer à la gent masculine pour que la gent en question comprenne que vous êtes seule et désespérée et ait envie de venir vous proposer sa semence d'enchaîner sa destinée à la vôtre sur un lit de pétales de roses?".

La fille Cosmo est dispo partout.

En terrasse, pour commencer. Elle s'assied gaiement, "la mine réjouie", "le port de tête gracieux", et sourit rêveusement à l'assistance. Transposons: je suis une fille Cosmo. J'ai envie d'un verre ou d'un café en terrasse. C'est certes d'une banalité affligeante, mais j'ai des amis, et il se peut que ces boulets aient éventuellement envie de m'accompagner sur cette terrasse de la disponibilité. Pour les besoins de ma vie sentimentale, il me faudra donc les jeter sous le bus le plus proche. Il faut ce qu'il faut.
Si d'aventure j'ai des amis non physiquement présents, je ne les appelle pas. NON NON NON. Je ne twitte/Facebooke pas de mon Blackberry. Je n'ai pas de bouquin, pas de boulot à rendre, rien à réviser, et si je fume, je garde ma cigarette pour les moments de non-disponibilité. Je suis une petite fleur qui sourit à la vie, je suis Grace Kelly, je suis disponible.

La fille Cosmo est tout aussi dispo en boîte de nuit. Très bien, allons guincher, Cosmo Girls. Déhanchons-nous, les yeux mi-clos (c'est important). Encore une fois, Cosmo Girls, nous n'avons pas d'amis, donc nous évitons soigneusement les groupes de gens de mauvaise vie qui feel like P. Diddy et qui dansent sur les tables à base de "Aaaah, c'est trop notre chanson!". Nous sommes sensuelles, nous sommes Christina Cordula, nous sommes le rythme, mais pas trop pour ne pas avoir l'air d'une gourgandine. Nous sommes disponibles. Mais attention, aspirantes à l'amour, si nous finissons par harponner du mâle, nous ne lui donnons pas notre 06 comme une tepu de bas étage, nooon. La rencontre de boîte de nuit se doit de rester chaste.

Petite fleur un jour, petite fleur toujours.

Avec ces fructueux conseils, Cosmo Girl, vous avez trouvé l'amour. Oui, votre air con sur la terrasse, votre numéro de danse en solo en boîte ont fonctionné et vous recevez enfin la semence l'affection qui vous manquait tant.

Cosmo continue de penser à vous, bienheureuses que vous êtes, et ce par le biais de leur cahier de communication sexuelle, cahier qui vous permet de remplir de petites croix en fonction de vos désirs et préférences et ainsi d'expliquer à votre moitié ce que vous aimez/aimeriez.

Parce que vous êtes une petite oie blanche incapable de dire à votre partenaire que vous préférez telle ou telle position, telle ou telle caresse, que vous avez envie qu'il vous prenne sauvagement contre un mur ou qu'il la joue mimichou.

Heureusement il y a Cosmo. Cosmo!

(Je retourne lire mes fascicules de procédure pénale. Adieu.)

Mathilde, qui va travailler son port de tête. De la grâce, que diable, de la disponibilité.

PS: Pour ceux qui ne le savent pas encore/ne me suivent pas encore (bande de bâtards), I'm back on Twitter! See you there, c'est par ici les enfants!

Listening:

"Romeo and Juliet" de Dire Straits